Publié le 08/08/2026 à 09h57
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Alors qu’une cellule nationale «Sécheresse» a été activée au sein du ministère de l’Agriculture, Arnaud Rousseau attend «de savoir comment sera chiffré ce grand plan».
Passer la publicité Passer la publicitéIl n’en faudrait pas moins pour passer l’été. Qualifiant la sécheresse qui frappe l’Hexagone de «véritable catastrophe», le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a demandé samedi matin au micro de France Info un plan de soutien de «plusieurs milliards d’euros» pour les agriculteurs concernés.
Face à l’ampleur des dégâts dans les exploitations, le dirigeant du principal syndicat agricole appelle le gouvernement à une «réaction d’une ampleur inédite». Dans un communiqué publié le 5 août, le gouvernement a annoncé préparer un plan global d’accompagnement «Canicule – Sécheresse – Incendies», qui doit inclure des mesures d’urgence pour soutenir la trésorerie des exploitations, l’éventuelle «prise en charge de cotisations sociales», ainsi que des «dispositifs de simplification et de dérogation».
Le ministère a activé une cellule nationale « Sécheresse », chargée de la coordination de l’action des services de l’État. Mais à ce stade, le gouvernement n’a pas précisé le montant de l’enveloppe ni le détail des aides qui seront mobilisées. Le patron de la FNSEA s’est donc montré prudent et attentiste quant à «savoir comment sera chiffré ce grand plan».
Une sécheresse historique
La sécheresse concerne désormais 98 départements, dont 57 placés en situation de crise avec d’importantes restrictions sur les usages de l’eau, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture publié le 5 août. Les cultures souffrent du manque d’eau et des températures élevées, tandis que les prairies se dessèchent et que les éleveurs font face à un recul des disponibilités de fourrage pour leurs animaux.
La situation du maïs illustre l’ampleur des difficultés. La récolte française devrait chuter de 35% cette année, à neuf millions de tonnes, selon les estimations du ministère de l’Agriculture. Ce volume constituerait le niveau le plus faible depuis 1980. Les rendements sont attendus à 70,3 quintaux par hectare, en baisse de 19% sur un an, sous l’effet conjugué de la sécheresse et des canicules.
La production est aussi pénalisée par un recul de 21% des surfaces cultivées. Face à la hausse des coûts, notamment des engrais, certains producteurs ont choisi d’autres cultures, comme le tournesol, ou ont laissé des terres en jachère. Les deux derniers épisodes caniculaires sont en outre intervenus à des périodes déterminantes pour le maïs, lors de la floraison et du remplissage des épis.
La viticulture observe elle aussi les effets de la répétition des épisodes de chaleur. L’an dernier déjà, les vendanges avaient démarré de manière anormalement précoce dans plusieurs régions. En Alsace, la récolte du crémant avait commencé avec dix jours d’avance sur 2024, tandis que des vendanges avaient également été avancées en Champagne, Bourgogne, Beaujolais ou encore dans le Bordelais. Une tendance qui nourrit les inquiétudes des professionnels.