Mariage collectif de 15 hommes et 15 femmes à Dachte Bachti, dans le quartier chiite de Kaboul. Contrairement à la plupart des mariages, arrangés et forcés, ces futurs couples se sont choisis. Veronique de Viguerie pour le Figaro Magazine

REPORTAGE - Rendez-vous secrets, avortements, maisons closes, mariages de masse… Le règne liberticide des talibans et une pauvreté dévastatrice ne sauraient cependant étouffer les idylles.

C’est une histoire d’amour interdite au pays des interdits, et des mollahs tout-puissants. Un amour dangereux, fait de rendez-vous secrets, de menaces et de sang, où l’on frôle la mort mais qui dure depuis douze ans. C’est Roméo et Juliette, mais c’est Neel et Khwaja. Pour l’instant, ils sont encore vivants. En 2014, Neel est étudiante en littérature anglaise et coiffeuse dans un salon de beauté du centre-ville de Kaboul. Sa mère, qui élève seule la jeune fille de 19 ans ainsi que ses frères et sœurs depuis le décès de leur père, et sait combien il est difficile pour une femme de se construire hors des normes traditionnelles dans ce pays, la presse d’accepter les demandes en mariage. Mais Neel résiste. Elle se trouve « trop », nous dira-t-elle, trop rêveuse, trop ambitieuse, trop jolie pour se résoudre à un mariage de raison qui a de grandes chances d’être malheureux.

Et puis, elle rencontre Khwaja. Il a 15 ans de plus qu’elle, il est veuf et déjà père. Colonel dans l’armée nationale…

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Le Figaro

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