Publié le 08/08/2026 à 10h49, mis à jour le 08/08/2026 à 10h51

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Des athlètes lors des jeux du Commonwealth 2026, au début du mois d’août.

Des athlètes lors des jeux du Commonwealth 2026, au début du mois d’août. Isabel Infantes / REUTERS

Mi-juillet, l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) a publié un guide «pour une couverture médiatique respectueuse dans l’athlétisme féminin».

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Quelques jours avant la diffusion des championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham (10-16 août), une petite révolution est en marche. Mi-juillet, l’Union européenne de radio-télévision (UER) a publié une série de recommandations à destination des diffuseurs «pour une couverture médiatique respectueuse dans l’athlétisme féminin», les invitant à réfléchir aux plans qui sexualisent inutilement les athlètes.

«Les plans prolongés sur des corps, les prises de vue en contre-plongée qui dévoilent des angles intimes, ainsi que les ralentis excessifs qui ne servent aucun objectif technique ni narratif font partie des problèmes constatés dans la couverture médiatique des compétitions sportives féminines aujourd’hui», avait écrit Glen Killane, le directeur exécutif de l’UER. L’UER a identifié des exemples concrets de plans problématiques et très courants : combien de fois a-t-on vu des ralentis sur une sauteuse en hauteur franchissant, forcément jambes écartées, une barre? Ou un gros plan sur les fesses d’une relayeuse avec le témoin dans la main? Ou des contre-plongées filmant une athlète qui discute avec son coach? «Ces choix ont des conséquences: ils construisent la perception de l’audience en la détournant des exploits remarquables et des qualités techniques de ces athlètes, tout en risquant de perpétuer des stéréotypes sexistes», avait souligné l’UER.

J’ai vu des vidéos, des photos de moi où je me suis dit : pourquoi on poste ça ? 

Marie-Julie Bonnin, perchiste française

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L’annonce de ces recommandations a été largement saluée par les athlètes féminines, comme la perchiste française Marie-Julie Bonnin. «Je fais du sport et je n'ai pas envie qu'on me filme les fesses!», a-t-elle réagi. «Je pense que c’était quelque chose qu’on avait accepté malgré nous. J’ai vu des vidéos, des photos de moi où je me suis dit : pourquoi on poste ça ? Ça n’a aucun intérêt sportif. Je me retrouvais dans des positions… J’étais même mal à l’aise de voir ces photos-là et j’étais incapable de les repartager.» Une analyse partagée par Blanka Vlasic, sauteuse en hauteur croate médaillée d’argent aux Jeux de Pékin en 2008 et de bronze à Rio en 2016. «Les athlètes veulent prendre du plaisir à pratiquer leur sport favori sans se sentir mal à l’aise ou anxieux à l’idée d’être filmés en direct. Nombre d’entre eux, moi y compris, se sont déjà retrouvés dans des situations de compétition où leur attention était davantage portée sur les caméras que sur leur propre performance», a-t-elle déclaré.

«On cherche à filmer toujours plus proche»

Mais l’annonce de ces recommandations a aussi déclenché un flot de réactions sexistes sur les réseaux sociaux, en particulier sur le réseau social X, certains affirmant parfois de façon graveleuse que le sport allait devenir moins intéressant à regarder ou que les athlètes pouvaient choisir des tenues moins suggestives.

«Quand on voit les réactions, je pense que tout le monde n'a pas compris pourquoi c'était mis en place», estime la sprinteuse britannique Amy Hunt, médaillée d’argent en relais aux Jeux de Paris 2024. «Avec la technologie qui progresse, on cherche à filmer toujours plus proche des athlètes. Mais une fois, on a eu une caméra jusque dans nos starting-blocks! On a dit que c'était gênant». Tout en saluant un «changement bienvenu», elle a appelé à aller plus loin, en favorisant l’arrivée de femmes aux postes de régie «pour signaler que les caméras dans les zones d’entraînement ne sont pas une si bonne idée pour les athlètes féminines».

Pour elle, la tenue des athlètes n'est pas le sujet: «on ne devrait pas avoir à changer la façon dont on s'habille pour se sentir à l'aise. Je veux une tenue qui me fasse me sentir rapide et puissante, et je ne veux en aucun cas me sentir gênée par les vêtements». En athlétisme, les femmes ont le choix de la tenue qu'elles portent en compétition - legging, short ou culotte, débardeur ou brassière, etc - et elles sont nombreuses à opter pour le «bloomer», genre de culotte qui fait rêver dès les catégories jeunes car assimilée au haut-niveau. «La culotte, c'est un symbole», explique à l'AFP Marie-Julie Bonnin. «Quand on grandit, on se dit que c'est pour les grandes, pour les fortes. Moi, ça me permet d'être dans mon personnage d'athlète». «Donc oui, on est en culotte mais on n'accepte pas des plans qui ne servent à rien», enchaîne la perchiste.