Publié le 08/08/2026 à 13h01
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INFO LE FIGARO - Trois enfants confiées à une assistante familiale des Yvelines ont rapporté des attouchements et pénétrations imputés au mari de celle-ci, qui avait un projet d’adoption pour l’une d’elles. L'homme, qui conteste tout, a été mis en examen à Versailles.
Un «fantôme» qui se glisse chaque nuit dans un lit d’enfant : c’est par ce récit, livré par une fillette de 11 ans, que l’affaire a commencé à se dénouer. Trois petites filles placées chez le même couple d’accueil à Limay (Yvelines) ont rapporté aux enquêteurs de la sûreté départementale des attouchements et des pénétrations qu’elles imputent au mari de leur assistante familiale.
Selon nos informations, l’affaire a commencé après qu’une des enfants, placée dans une nouvelle famille d’accueil à la suite d’un désaccord sur l’approche éducative, s’est confiée à l’assistante familiale qui la suivait désormais. «C’est cette dernière qui a informé le responsable de la cellule» de la sûreté départementale, précise une source proche du dossier. Le département a saisi le parquet.
Convoqué le 22 juillet, le mis en cause, Stéphane P., aurait été placé en garde à vue puis déféré le lendemain devant un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Versailles, qui l’a mis en examen pour des faits de viols et agressions sexuelles sur mineures de 15 ans, d’après plusieurs sources.
«Tonton était un fantôme»
Les faits, selon nos informations, se seraient déroulés «courant 2024 et 2025.» Entendue par les enquêteurs, l'une des fillettes a raconté que «tonton était un fantôme» qui, chaque nuit, venait nu dans son lit et lui proposait «un tour de manège» avant de lui faire «des chatouilles sur sa partie intime.» Elle a ensuite décrit des gestes de pénétration digitale et bucco-génitale, à l'origine de douleurs, selon une source proche du dossier. Des déclarations que l'expertise psychologique aurait jugées cohérentes avec un vécu de violences sexuelles répétées. Après expertise, ils auraient relevé «d’importantes carences en matière d’hygiène, de sécurité et d’éducation avec un réel mal-être des enfants», d’après notre source.
Une deuxième fillette, âgée de 7 ans, a évoqué des gestes de toilette intime et des baisers sur la bouche, sans parvenir à préciser davantage ses souvenirs. Son examen médico-légal n'a révélé aucune lésion. Une troisième enfant, la plus jeune du foyer, s'est, elle, montrée réticente à «évoquer son vécu chez la famille d’accueil.»
Le suspect, âgé de 54 ans, n'était pas lui-même titulaire d'un agrément d'assistant familial - seule son épouse l'était, depuis 2013, selon nos informations. Contacté par Le Figaro, le département des Yvelines précise que «sa situation a été appréciée en raison de sa présence au domicile» et que son casier judiciaire, vierge, avait été vérifié lors de l'instruction de l'agrément de son épouse. Ce dernier a été retiré en juin 2025, et plus aucun enfant n'a été confié au foyer depuis février de la même année. Le service ajoute avoir «diligenté ses propres contrôles» dès la remontée d'éléments préoccupants, en lien avec les deux autres conseils départementaux dont dépendaient les enfants placées.
«Projet d'adoption»
Entendu en garde à vue, le mis en cause a contesté l'intégralité des faits reprochés, expliquant qu'il n'avait «jamais eu de problèmes avec les victimes». Il a notamment rappelé qu'un «projet d'adoption» avait été engagé avec son épouse pour l'une des fillettes, pupille de l'État, d’après une source proche du dossier. Une démarche que l'enquête devra désormais éclairer, à la lumière des accusations portées contre lui.
Stéphane P. dit n'avoir «jamais entendu parler» de l'histoire du fantôme évoquée par l'enfant. Son épouse, entendue à son tour, a dit «halluciner» face aux accusations et a assuré n'avoir jamais été témoin du moindre comportement inapproprié de son mari envers les enfants placées, se disant en dépression depuis leur départ du foyer. Un ordinateur et une tablette ont été saisis lors de la perquisition du domicile. Leur exploitation n'aurait pour l'heure révélé aucun élément susceptible d'orienter l'enquête.
L'expertise psychiatrique du mis en cause a conclu qu'il demeurait accessible à une sanction pénale, son discernement n'ayant été «ni aboli ni altéré», selon une source policière. L'information judiciaire, désormais confiée à un juge d'instruction, devra déterminer si le «fantôme» décrit par l'enfant était bien réel.