Publié le 08/08/2026 à 13h28

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Les habitants peuvent voir, sur un pignon de mur attenant à un café de Paris, une immense fresque du «Taureau de Manacor».

Les habitants peuvent voir, sur un pignon de mur attenant à un café de Paris, une immense fresque du «Taureau de Manacor». Rafamon

Au mois de juin, une célèbre artiste brésilienne a peint l’ancienne star du tennis espagnol tout en couleur sur un mur attenant à un café de la Butte aux Cailles, à la demande du patron. Sans l’autorisation de la copropriété, qui lui enjoint de l’effacer.

Rafael Nadal a bien son pied gravé sur une plaque à Roland Garros, pourquoi n’aurait-il pas son visage placardé en plein XIIIe arrondissement de Paris ? C’est l’idée qu’a eu le patron du café des Tanneurs de la Butte, situé au sommet de la Butte aux Cailles, comme le raconte Le Parisien .

Depuis la fin du mois de juin, les habitants peuvent y voir, sur un pignon de mur attenant au café, une immense fresque du «Taureau de Manacor». La célèbre artiste brésilienne Rafamon (suivie par 125.000 personnes sur Instagram) l’a peint en ocre et bleu, habillé de son célèbre débardeur et un bandeau dans les cheveux, serrant le poing de rage. Autour de lui flotte la devise du tournoi de la porte d’Auteuil, affichée sur le court Philippe-Chatrier : «La victoire appartient au plus opiniâtre».

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Le 26 juin, l’artiste avait fait un post sur les réseaux sociaux, révélant les coulisses de la création du dessin jusqu’à sa mise en couleur. Une tâche, confiée par le cafetier, qu’elle avait qualifiée «d’honneur qui va bien au-delà de l’art». Avant d’adresser ses «remerciements aux commerçants locaux, aux habitants de ce quartier qui respire l’art urbain et accueille les artistes du monde entier», pour conclure : «Merci Paris».

«J’avoue, je n’avais pas d’autorisation»

Problème : les propriétaires du mur où a été érigée cette fresque n’ont pas donné leur accord. Si le portrait gigantesque attire les touristes et les curieux depuis plusieurs semaines, la copropriété à laquelle appartient ce mur a mis en demeure le cafetier de le repeindre dans les plus brefs délais, à défaut de quoi elle s’en occupera aux frais du commerçant, d’après les informations du Parisien. «J’avoue, je n’avais pas d’autorisation», a reconnu le restaurateur auprès de nos confrères. «Mais c’est aussi l’esprit de la Butte aux Cailles d’avoir de beaux graffs qui rendent le quartier plus beau».

Dans le quartier, l’initiative «aux forceps» de ce fan de sport laisse les habitants partagés. «Le XIIIe est réputé pour le street art, notamment la Butte aux Cailles, où ça a démarré au début des années 1990. Je ne suis pas contre, mais le faire sans demander, évidemment que ça ne fonctionne pas comme ça», pointe un commerçant du quartier interrogé par Le Figaro. Et de lâcher, dans un rire : «Sinon, c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi : ça veut dire que je peux aller devant chez vous et repeindre votre mur».

Après avoir salué l’œuvre sans savoir qu’elle avait été faite sans autorisation, le maire PS du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet, a immédiatement affiché son soutien à la copropriété. «Oui, la fresque est plutôt sympathique, mais ramener une nacelle  et faire une fresque sans autorisation, c’est culotté. C’est très culotté. La copropriété est dans son bon droit de demander l’effacement. Le cafetier n’a pas la loi de son côté», a-t-il réagi auprès du Parisien.

J’ai appris, au fil de toutes ces années de travail dans l’art urbain, que l’art dans la rue est par nature éphémère.

L’artiste Rafamon au Figaro

L’artiste elle-même, qui avait été invitée par la mairie du XIIIe en 2024 à réaliser une œuvre en hommage à l’icône brésilienne Pelé, ignorait qu’elle dessinait sans l’accord du propriétaire. «Je l’ai réalisée en toute bonne foi, en pensant évidemment que toutes les autorisations nécessaires avaient été obtenues, puisque c’est le propriétaire lui-même qui m’a proposé le projet», assure Rafamon au Figaro. Si elle «aimerait beaucoup qu’elle reste» et espère qu’il sera «possible de trouver une solution par le dialogue», elle ne regrette pas sa fresque, quand bien même elle devrait être recouverte. «J’ai appris, au fil de toutes ces années de travail dans l’art urbain, qu’il est par nature éphémère. Je sais que ce que je réalise pourra un jour être modifié, recouvert ou simplement disparaître», analyse-t-elle. Depuis l’achèvement de la fresque fin juin, Rafamon se félicite d’avoir vu «beaucoup de personnes s’arrêter, sourire, prendre des photos et parler de la fresque». «Pour moi, l’œuvre a déjà rempli une part importante de son rôle».

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Juste en face du café, elle avait déjà réalisé une première fresque au début du mois de juin, qui lui avait valu d’être approchée par le propriétaire. Une star du football cette fois : Zinédine Zidane, le maillot du numéro 10 sur les épaules brandissant la coupe du monde. Jusqu’à présent, personne n’y a visiblement rien trouvé à redire, peut être parce que, comme l’a dit le capitaine des bleus Kylian Mbappé, «Zidane c’est la France, on ne manque pas de respect à la légende».

La fresque représentant Zinédine Zidane, peinte au début du mois de juin, dans le XIIIe arrondissement. Compte Instagram de l’artiste Rafamon