Si le nouveau film d’Adèle Exarchopoulos n’atteint pas sa cible, la fresque survivaliste incarnée par l’inaltérable acteur hollywoodien parvient à imposer un « réalisme brut ». La sélection du Figaro.
Heart of The Beast - À voir
Aventures de David Ayer - 1 h 41
Ancien soldat, James Belmont (Brad Pitt) a choisi de s’éloigner de la civilisation avec son compagnon de guerre canin, Odin, pour retrouver un semblant d’humanité et de paix intérieure. Film immersif, sincère, ce thriller de survie explore la relation entre un maître et son chien marqués par la guerre et ses traumatismes. On connaît le goût de David Ayer pour les hommes abîmés, marqués par la violence, qui cherchent fraternité et loyauté. Tourné en Nouvelle-Zélande dans des lieux accessibles uniquement par hélicoptère, le film impose un réalisme brut. Chaque frisson, chaque souffle est authentique à l’écran. O. D.
L’avis du Figaro : 3/4
Primetime - On peut voir
Drame de Lance Oppenheimer - 1 h 49
Dès les premières minutes, il y a quelque chose de poisseux au royaume de la télévision telle que la fabrique Chris Hansen (Robert Pattinson), animateur américain torve et cynique. Il présente « How to Catch a Predator ». Le concept est simple et malsain. Un groupe d’enquêteurs traquent des pédocriminels sur internet et les piègent. 20 ans après Twilight, Pattinson joue ici un autre genre de vampire. Primetime est aussi une métaphore du métier d’acteur, tout du moins tel que le conçoit Hollywood. Une vision désenchantée de l’usine à rêves. É. S.
L’avis du Figaro : 2/4
Raison et Sentiments - On peut voir
Drame historique de Georgia Oakley - 2 h 12
Y avait-il besoin d’une nouvelle adaptation du roman culte de Jane Austen Raison et Sentiments trente ans après le film de référence d’Ang Lee et d’Emma Thompson et deux décennies après une très belle minisérie de la BBC ? Sans doute pas. Passe-t-on un bon moment devant la relecture de Georgia Oakley, qui sort en salle ce mercredi ? Oui, assurément. Restera-t-elle dans les mémoires comme ses prédécesseurs ? Pas sûr. C. J.
L’avis du Figaro : 2/4
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Les Éléphants dans la brume – On peut voir
Drame d’Abinash Bikram Shah – 1 h 43
Prix du jury à Un certain regard à Cannes, ce film népalais nous fait découvrir la communauté kinnar, des femmes transgenres vénérées et craintes à la fois. Elles vivent dans un village près d’une forêt qui abrite des éléphants. Pirati rêve d’émancipation avec l’homme qu’elle aime, mais la disparition de sa fille la met dans une position délicate. Le film montre avec efficacité les complexités de ces femmes tout sauf angéliques. Et le parallèle entre les éléphants et les kinnars est habile : les villageois les acceptent tant qu’ils ne perturbent pas leur quotidien. En revanche, l’enquête pour retrouver la fille disparue s’étire et cherche à basculer dans le thriller sans vraiment y parvenir. Il faut attendre la fin du film pour que la question de l’acceptation soit traitée avec puissance et grandeur. Dommage. F. V.
La note du Figaro : 2/4
Garance - À éviter
Drame de Jeanne Herry - 2 h 05
Le nouveau long-métrage de Jeanne Herry, en compétition au Festival de Cannes, offre trois films en un. Un sur le métier d’actrice. Un deuxième sur l’alcoolisme. Un troisième sur l’amour queer. On pourrait même ajouter le cancer et l’avortement, qui tiennent ici des seconds rôles, mais cela chargerait une barque déjà sur le point de couler sous le poids des bonnes intentions et des litres de vin blanc. En vedette qui sombre dans l’alcool, le talent d’Adèle Exarchopoulos est indéniable. Sa nature autant que sa technique donnent une authenticité à Garance. Mais elle ne parvient pas à faire dévier de sa trajectoire un scénario consensuel et résilient. É. S.
L’avis du Figaro : 1/4
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Her Private Hell - À éviter
Science-fiction de Nicolas Winding Refn – 1 h 49
Her Private Hell, premier film de Winding Refn en dix ans, est visuellement sublime et léché. Toutefois, il tient plus de l’œuvre plasticienne que cinématographique tant son scénario est brumeux et hermétique. À l’image du brouillard qui recouvre la métropole futuriste, où se déroule l’intrigue. Actrice en froid avec son père, Elle (Sophie Thatcher) a accepté de tourner un film avec eux dans l’espoir de se réconcilier. Mais l’ambiance sur le plateau est tendue : un tueur en série sème la terreur. Cet hommage aux gialli italiens est un film aux dialogues rares et laconiques, aux ellipses et aux longues plages de musique, entrecoupées de jets d’hémoglobine. Bienvenue dans le rêve enfiévré de Nicolas Winding Refn. C. J.
L’avis du Figaro : 1/4