Publié le 25/09/2026 à 17h07

Le président de la République fédérative du Brésil Lula prenant la parole lors de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), le 24 septembre 2024 à New York (image d’illustration).

Le président de la République fédérative du Brésil Lula prenant la parole lors de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), le 24 septembre 2024 à New York (image d’illustration). MICHAEL M. SANTIAGO / Getty Images via AFP

Ce mardi à l’ONU, Lula a dénoncé les ingérences étrangères dans la démocratie brésilienne, sur fond de tensions avec Donald Trump. Le président brésilien affirme que son pays ne laissera aucun acteur extérieur remettre en cause la volonté de ses électeurs.

Passer la publicité Passer la publicité

Alors que les élections pour élire le futur président de la République fédérale du Brésil auront lieu les dimanches 4 et 25 octobre prochains, les débats autour de l’ingérence américaine et surtout celle de Donald Trump n’arrêtent pas de susciter la polémique. Ce mardi, lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, Lula a fustigé «les ennemis de la démocratie», affirmant que la «démocratie brésilienne appartient aux Brésiliens». Par la suite, une campagne de publicité à la télévision diffusée jeudi par l’équipe de l’actuel candidat à sa propre succession, a accusé le président américain de vouloir «coloniser» le Brésil et d’avoir comme objectif de s’approprier les ressources du pays.

D’après les informations du Guardian, le spot publicitaire affirme que le président américain tenterait d’influencer l’élection présidentielle en faveur de Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, proche politiquement de Donald Trump. La vidéo affirme même que «Flávio Bolsonaro est le candidat de Trump». De son côté, le département d’État américain dément toute intervention de Washington dans l’élection brésilienne. Dans un communiqué publié le mois dernier, il a qualifié de « mensonge sans fondement » toute accusation selon laquelle les États-Unis chercheraient à saper le processus électoral d’une nation démocratique.

Passer la publicité

Lula n’est pas le seul candidat à dénoncer de potentielles ingérences américaines dans la course à la présidentielle. Le candidat de droite Renan Santos, considéré comme le troisième homme de ces élections, craint que le Brésil ne devienne un pays vassal des États-Unis. Le candidat a affirmé sur ses réseaux sociaux que Donald Trump souhaite interférer dans les élections brésiliennes pour obtenir des «contrats satisfaisants impliquant des terres rares».

Des terres rares déjà sous giron américain ?

Si le candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro est accusé par Lula de vouloir « remettre nos ressources naturelles aux États-Unis », l’actuel président du Brésil a aussi vu pendant son mandat des puissances étrangères prendre en main des entreprises exploitant des terres rares. Dans un article publié le 20 août, fruit d’une collaboration entre l’Agence Associated Press et Reporter Brasil, le Washington Post rapporte, que de nombreux pays et en premier lieu les États-Unis tentent de racheter des entreprises ou des droits d’exploitation de minerais, notamment les terres rares, indispensables dans la fabrication de nombreux éléments numériques et de défense. Et pour cause, en février, Serra Verde, la seule entreprise brésilienne produisant des terres rares, a reçu 565 millions de dollars de financement américain. Deux mois plus tard, USA Rare Earth, une entreprise américaine spécialisée dans l’exploitation et le traitement des terres rares, a annoncé le rachat de l’entreprise brésilienne pour environ 2,8 milliards de dollars.

En début de semaine, des membres du parti démocrate avaient déjà écrit au secrétaire d’État Marco Rubio pour condamner l’« effort apparent de l’administration Trump pour interférer et potentiellement saper » les élections brésiliennes. À quelques jours du scrutin, la question de l’ingérence américaine s’impose ainsi dans la campagne brésilienne, sur fond de tensions entre Brasília et Washington et de convoitises autour des ressources du pays.