« Bien sûr, cela pourrait aussi être une grande finale, mais nous sommes en demi-finale. » Karl-Heinz Rummenigge n’est pas dupe : la demie de Ligue des champions entre le PSG et le Bayern Munich, dont la manche aller se dispute ce mardi soir (21 heures) au Parc des Princes, opposera les deux meilleures équipes du monde actuellement.

Souvent très critique envers le club de la capitale et son modèle depuis le rachat par le Qatar, le président du Bayern a mis de l’eau dans son vin au vu des performances récentes du PSG. « Depuis que Luis Enrique a pris les rênes de l’équipe en 2023, c’est une équipe de haut niveau et qui est très intelligemment construite, confie-t-il dans un entretien fleuve à t-online. Paris a démontré quelque chose d’essentiel : qu’on ne peut pas tout acheter, mais qu’il faut aussi savoir construire une équipe avec de la patience. »

« Lorsque nous les avons battus en finale de la Ligue des champions en 2020, ils avaient Neymar et Kylian Mbappé dans leur effectif. Un an plus tard, Lionel Messi les a rejoints. Sur le papier, c’était une équipe formidable, mais aussi, de toute évidence, une équipe qui ne fonctionnait pas aussi bien que l’actuelle. »

« Je suis heureux pour Nasser »

Rummenigge a également eu des mots très positifs à l’endroit de Nasser Al-Khelaïfi, avec qui il n’a pourtant pas toujours été tendre. Interrogé sur l’affection des supporters parisiens pour leur président, le Bavarois répond : « Je suis heureux pour Nasser qu’il soit si bien accueilli par les supporters. Mais ceux-ci lui doivent aussi beaucoup. Car que représentait le Paris Saint-Germain avant que Qatar Sports Investments ne le rachète ? »

À voir aussi

« Avant, on rejoignait le PSG pour l’argent, maintenant, c’est parce que c’est l’une des trois meilleures destinations en Europe » Karl-Heinz Rummenigge, président du Bayern Munich

« Je m’en souviens encore : après avoir perdu contre nous en finale en 2020, Nasser était complètement abattu, poursuit-il. Je lui avais dit à l’époque : Nasser, tu dois faire preuve de patience. Dans le football, rien n’est acquis d’avance. Tu dois tout gagner à la sueur de ton front, faire des transferts intelligents. Tout ne dépend pas de l’argent. Il faut qu’il y ait un esprit dans le vestiaire qui te donne ces 3 à 5 % supplémentaires pour remporter ce trophée. Ce n’est pas non plus un hasard s’ils sont à nouveau en demi-finale. Ils pratiquent un football magnifique. »

Le Bayern avait voulu recruter Désiré Doué

Un football magnifique qui repose notamment sur un joueur, révélation brillante la saison passée et élu Golden Boy en 2025 : Désiré Doué. Un joueur que le Bayern avait ambitionné de recruter, avant qu’il ne rejoigne finalement Paris à l’été 2024.

« Nous aurions aimé le recruter, il aurait parfaitement convenu à notre équipe, explique Rummenigge. Mais il a choisi Paris, car il souhaitait rester en France. À l’avenir aussi, il nous arrivera de ne pas pouvoir recruter tel ou tel joueur, car d’autres clubs leur proposeront peut-être un salaire plus élevé. Il faut l’accepter, cela fait partie du métier. Comme on peut le constater, Paris et nous-mêmes pouvons tout à fait nous en accommoder. »