Le tribunal correctionnel a très largement suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé 18 mois avec sursis à l’encontre du rappeur de 33 ans, dont le conseil envisage d’interjeter appel.
Oui, le rappeur Freeze Corleone a été reconnu coupable de faits d’apologie publique d’un acte de terrorisme, commis au moyen d’un service de communication en ligne, quand bien même il n’a pas « explicitement » achevé le couplet de son morceau Haaland : « J’arrive dans le rap comme un camion qui bombarde à fond sur la…». Pour le tribunal correctionnel de Nice (Alpes-Maritimes) comme pour les associations de victimes, nul ne doute qu’il faut comprendre la fin de la phrase par « la promenade des Anglais », en référence à l’attentat survenu le 14 juillet 2016, ayant endeuillé la baie des Anges avec 86 morts.
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Freeze Corleone (33 ans), qui répond au nom de « Monsieur Diakhaté » devant le tribunal, a donc été condamné ce lundi à 15 mois d’emprisonnement avec sursis simple ainsi qu’à une amende de 50 000 euros ; en février, le ministère public avait requis 18 mois, ainsi qu’une amende d’un montant identique, en indemnité pour les associations de victimes. Le rappeur se voit également interdire de séjour dans le département maralpin pour une durée de trois ans, conformément aux réquisitions du parquet, et devra s’acquitter de 2 800 euros envers chaque association de victimes, ainsi que de 700 euros de frais de justice.
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La défense envisage d’interjeter appel
« Il faudra lire le jugement pour voir comment cette décision est motivée », avance son conseil Me Chartron. « Toutefois, il est regrettable bien sûr que le tribunal soit entré en voie de condamnation, dès lors que la jurisprudence en la matière est claire et les éléments de droit ont été clairement exposés. Comment est-ce qu’on peut condamner une personne sur la base de quelque chose qui n’existe pas ? », interroge la robe noire, assurant que ce n’est « pas une décision définitive, il y a la voie de l’appel qui me semble évidente. On ne peut pas laisser passer une décision comme cela ». « Je pense donc qu’il prendra encore plus », réagit pour sa part Me Lazard, représentant l’association Une Voie des Enfants.
La pénaliste rappelle que le rappeur « n’en était pas à son coup d’essai » et souligne « la confirmation par cette décision que l’apologie du terrorisme peut être, de façon implicite, constituée. On ne peut pas se permettre, encore moins quand on est un rappeur et qu’on a un jeune public, de dire des choses aussi affreuses », déplore l’avocate, « et s’appuyer sur trois petits points de suspension, en racontant que soi-disant, ce n’était pas clairement exprimé, qu’on ne faisait référence à ce drame qui nous a tellement cruellement touchés ici, à Nice » et dont la ville s’apprête à commémorer les dix ans en juillet.