Fleuron depuis 1798 du département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre où elle côtoie son homologue de Milo, la Vénus d’Arles est exceptionnellement exposée dans la ville où elle avait été découverte en 1651 avant d’être offerte à Louis XIV qui l’installa à Versailles. Elle avait alors été restaurée par le sculpteur François Girardon qui lui avait notamment rendu ses deux bras et le bout de son nez.
Cette statue de marbre de 2 m, copie romaine datant de la fin du premier siècle avant notre ère d’une œuvre grecque de Praxitèle considéré comme le plus grand sculpteur de l’antiquité, fait en effet l’objet d’un « prêt exceptionnel » de l’institution parisienne au musée départemental Arles antique.
Découverte il y a 375 ans près du théâtre antique
Jusqu’au 31 octobre prochain, elle y est le clou de l’exposition « Le passage de Vénus », labellisée « Exposition d’intérêt national ». C’est seulement la deuxième fois depuis le XVIIe siècle qu’elle revient sur les lieux de sa découverte il y a 375 ans près du théâtre antique.
Elle est entourée d’un cortège 33 chefs-d’œuvre de diverses époques, eux aussi prêtés par le musée du Louvre ou d’autres musées, d’antiques Aphrodite ou de plus modernes, peintes par Gustave Moreau, photographiées par Man Ray ou détournées par Andy Warhol… Sans oublier Chantal Akerman ou Niki de Saint Phalle qui ont proposé leur propre vision de la déesse de l’amour sortie de l’écume au large de Chypre.
« Il était normal qu’une statue d’une telle importance soit accompagnée d’œuvres de tout premier plan, justifie Ludovic Laugier, conservateur du Louvre. Vénus ou Aphrodite, c’est d’abord une beauté qui subjugue, c’est ce que nous avons cherché à montrer. »
Devenue une figure du folklore local, considérée parfois comme une ancêtre mythique des Arlésiennes, cette Vénus fait déjà le plein. « Il y avait une vraie attente populaire et on sent vraiment un engouement ! confie Romy Wyche, la directrice du musée arlésien. On a eu la chance de pouvoir travailler avec le Louvre pour ce retour. On aurait pu raconter énormément d’histoires sur cette statue, mais on a choisi dans cette exposition de la faire venir en majesté, de la montrer en triomphe à travers une scénographie magnifique. Cette statue c’est un mythe ici, on a tout fait pour lui rendre le plus beau des hommages. »
Une copie bientôt installée sur un rond-point de la ville
A travers des documents d’archive, le premier étage du musée est consacré à l’histoire de la Vénus, des circonstances de sa découverte et ses restaurations successives ses premières représentations et à la diffusion de ses copies. Ainsi, alors qu’une copie de la statue est déjà présente dans l’hôtel de ville d’Arles, une autre va bientôt être installée sur un rond-point.
Dans le musée de la ville fondée sur le Rhône par les Romains, la Vénus d’Arles côtoie notamment le buste de Jules César retrouvé dans le fleuve et qui est l’autre clou de la visite.