Quelques jours avant les élections municipales, la mairie de Vitry-aux-Loges a appris, par un simple appel téléphonique de la Caisse d’Épargne, la suppression prochaine du seul distributeur automatique de billets du village. Une décision jugée « brutale » par le maire, Christophe Bourillon, nouvellement élu. « On a été mis devant le fait accompli, sans négociation ni explication claire », déplore l’édile.

Installé depuis 2013 après la fermeture de l’agence bancaire, ce distributeur enregistrait pourtant environ 1 250 opérations mensuelles, soit près de 50 retraits par jour. Un niveau d’activité que la municipalité juge loin d’être marginal, d’autant que l’équipement bénéficie aussi aux communes voisines dépourvues de commerces. « On estime que près de 4 000 habitants sont concernés. Sans ce service, certains devront faire jusqu’à 20 kilomètres aller-retour pour retirer de l’argent », souligne le maire.

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Au-delà de l’accès au liquide, c’est tout l’équilibre économique local qui est menacé. Le village de 2 200 habitants dispose encore d’un tissu commercial dense : deux boulangeries, une épicerie, des bars, un traiteur ou encore des professionnels de santé. « Le retrait d’espèces est une condition essentielle pour faire vivre ces commerces », insiste Christophe Bourillon, qui craint un report des achats vers les grandes surfaces des communes voisines.

« Les clients risquent d’en profiter pour aller ailleurs »

Une inquiétude partagée par les commerçants. Ophélie, coiffeuse sur la place du village, observe déjà les premiers effets : « Certains clients allaient retirer de l’argent juste à côté. Maintenant, ils doivent aller à Châteauneuf-sur-Loire (10 km). On peut craindre qu’ils en profitent pour aller ailleurs. » Si les paiements par carte se développent, l’usage du liquide reste important, notamment chez les personnes âgées, nombreuses dans la commune.

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La suppression du distributeur pourrait également impacter l’activité touristique. Traversé par la véloroute du canal d’Orléans et doté d’une base de loisirs, le village accueille de nombreux visiteurs, qui utilisaient régulièrement ce point de retrait. « C’était un levier pour faire fonctionner nos commerces », est persuadé le maire.