Daniel Glidic, pêcheurs d’algues, dans la cale de son goémonier, « l’Eliani », à Roscoff (Finistère), le 16 avril 2026. FLORENCE JOUBERT POUR « LE MONDE »

Au large de la Bretagne, entre l’île de Sein et l’archipel de Molène, la mer d’Iroise est la plus grande forêt de laminaires d’Europe. C’est là que se concentre l’activité des goémoniers, qui s’étalent sur le littoral du Finistère et des Côtes-d’Armor. A partir du début du XIXe siècle, on récoltait les algues brunes pour en extraire de l’iode, utilisé comme antiseptique. Depuis les années 1950, on les exploite principalement pour l’alginate, biopolymère largement employé en agroalimentaire pour ses propriétés gélifiantes ou épaississantes.

Deux espèces sauvages sont pêchées chaque année : 15 000 tonnes de Laminaria hyperborea, ratissées avec un large peigne métallique, et 40 000 à 45 000 tonnes de Laminaria digitata, arrachées par un scoubidou, grand crochet qui tourne sur lui-même et autour duquel s’enroulent les végétaux. « Ces deux algues ne sont récoltées qu’en Europe : en Bretagne, parfois en Islande et en Norvège, qui puise environ chaque année 100 000 tonnes de L. hyperborea sur ses côtes », précise Martial Laurans, chargé de recherche à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Au niveau mondial, on produit de l’alginate à partir d’algues sauvages d’Europe et d’Amérique du Sud, mais aussi d’algues cultivées en Chine et au Japon.

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