Après quatre étés de gratuité, l’accès à la très populaire plage de l’Impérial, en Haute-Savoie, sera de nouveau soumis à un droit d’entrée en juillet et en août. On vous explique pourquoi.

À Annecy, il faudra désormais payer pour accéder à cette plage. Le 9 avril, le maire de la ville, Antoine Armand, a confirmé dans Le Dauphiné libéré le rétablissement d’un droit d’entrée pour la plage de l’Impérial. Situé sur la rive nord du lac, ce grand espace de baignade, équipé de nombreuses infrastructures — pataugeoire, terrain de beach-volley, tables de ping-pong — peut accueillir jusqu’à 5000 personnes et redeviendra payant en juillet et en août, après quatre étés de gratuité.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de forte affluence à Annecy. Celle que l’on surnomme la «Venise des Alpes», a accueilli près de trois millions de visiteurs en 2022 selon l’Insee, une affluence qui provoque chaque été des tensions sur les sites les plus prisés.

Des problèmes de sécurité et de comportements

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Pour justifier le retour d’un accès à la plage de l’Impérial, la mairie d’Annecy met en avant des enjeux de sécurité. «Nous souhaitons rendre la plage de l’Impérial sécurisée, clôturée et par conséquent, payante. Nous avons constaté un grand nombre de débordements depuis qu’elle a été rendue ouverte et publique», explique Marie Bosson, maire déléguée, auprès de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. L’élue évoque notamment «de grosses bagarres» ainsi que la consommation d’alcool.

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Pour l’heure, le montant exact reste encore à définir, mais la mairie évoque un tarif inférieur à 10 euros, avec des réductions prévues pour les habitants de la ville. Ce ticket d’entrée doit, selon la municipalité, contribuer à financer la surveillance et les équipements tout en filtrant la fréquentation du site.

«Un bien public qu’on ne doit certainement pas faire payer»

Sur les réseaux sociaux, les avis sont partagés. «Ceux qui ne veulent pas payer iront à 200 mètres de là», relativise une internaute sur Facebook, en référence aux autres espaces de baignade du lac, comme la plage d’Albigny, à l’extrémité nord d’Annecy, ou la plage municipale de Sevrier, sur la rive ouest. D’autres internautes approuvent cette décision : «La plage doit redevenir payante pour le bien-être des familles», estime l’une d’elles, voyant dans ce tarif un moyen de limiter certains comportements problématiques. D’autres réclament toutefois des mesures supplémentaires, comme la gratuité du parking. Dans le débat local, le conseiller municipal d’opposition Alexandre Mulatier-Gachet dénonce pour sa part «un bien public qu’on ne doit certainement pas faire payer».

Plusieurs mobilisations circulent également en ligne. Lancée mi-avril par une habitante d’Annecy, la pétition «Maintenir la gratuité de la plage de l’Impérial» réclame le maintien d’un accès libre, en vigueur depuis 2022. À l’inverse, une autre initiative citoyenne, «Rendre la plage de l’Impérial payante», demande le rétablissement d’un droit d’entrée, jugé nécessaire pour mieux encadrer la fréquentation et préserver le site.

La plage de l’Impérial n’est pas un cas isolé. Autour du lac, plusieurs plages appliquent déjà un droit d’entrée durant la haute saison, comme la plage municipale de Menthon-Saint-Bernard, facturée 4,60 euros, ou celle de Saint-Jorioz, où l’entrée est fixée à 2,60 euros, pour un tarif adulte. De quoi inciter les baigneurs, qu’ils soient Annéciens ou de passage, à étudier la carte des plages avant de choisir où poser leur serviette.