La justice a tranché. Un éleveur de chevaux du Doubs qui avait jeté un poulain dans un trou, entraînant sa mort, a été condamné lundi à une interdiction d’exercer une profession en lien avec les animaux, a indiqué l’avocate d’une partie civile.
Cet homme né en 1961, exploitant agricole qui élevait une quarantaine de chevaux, a été condamné pour abandon d’animal, selon Viveca Mezey, avocate de la Fondation Brigitte-Bardot.
Il écope de trois mois de prison avec sursis, interdiction définitive de détenir un animal et d’exercer une profession en lien avec les animaux, et devra verser 1 000 euros de dommages et intérêts à chacune des associations parties civiles.
« La mâchoire déformée »
Le 4 octobre 2025, au Russey, petite commune du Doubs proche de la Suisse, le poulain avait été découvert vivant dans un trou, respirant difficilement, avec des liens sur ses pattes arrière, selon les gendarmes. Il était mort après avoir été pris en charge par les secours, de déshydratation et d’hypothermie sévère.
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À l’audience, le 23 mars, l’éleveur, qui s’est présenté seul, a reconnu les faits. Il a dit avoir pensé que le poulain était mort et avoir choisi de le jeter plutôt que de l’emmener à l’équarrissage. Le poulain « avait la mâchoire déformée » et « n’a fait que dépérir » une fois séparé de sa mère, a-t-il affirmé.
« Je ne crois pas un instant aux explications de monsieur », a plaidé Christophe Gérard, avocat de plusieurs ONG de défense des animaux. « Quand il décide de le placer dans (le trou), pour lui, c’est ah, bon débarras, ça y est, il est mort, je l’enterre. Sauf qu’on n’en était pas tout à fait là ! ».
« Il a abandonné ce cheval pour éviter de payer des soins », a tranché la représentante du parquet, Solène Nonnier, soulignant son « incapacité à prendre les bonnes décisions et à s’occuper des animaux ».
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