Le chef de l’ONU s’inquiète de la montée en puissance des « moteurs » de la prolifération nucléaire

Les pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) se réunissent à l’Organisation des Nations unies (ONU) à partir de lundi, au moment où les tensions entre les puissances nucléaires à travers le globe font craindre une nouvelle course à l’arme atomique.

Lors de la dernière conférence de révision de ce traité en 2022, après l’invasion russe de l’Ukraine, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait averti que l’humanité était « à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire ».

La situation géopolitique mondiale est loin de s’être arrangée depuis et l’issue des quatre semaines de réunions au siège de l’ONU à New York est incertaine.

« Depuis trop longtemps, le traité oscille entre la vie et la mort. Les engagements ne sont toujours pas tenus. La confiance et la crédibilité s’effritent. Les moteurs de la prolifération montent en puissance. Il nous faut donner une nouvelle vie au traité », a plaidé M. Guterres en ouverture lundi.

« Le succès ou l’échec de cette conférence aura des implications bien au-delà de cette salle et bien au-delà des cinq prochaines années ; la perspective d’une nouvelle course aux armements nucléaires plane au-dessus de nos têtes », a pour sa part prévenu le président de la conférence, Do Hung Viet, ambassadeur du Vietnam aux Nations unies.

« Nous ne devons pas nous attendre à ce que cette conférence résolve les tensions stratégiques sous-jacentes de notre époque… mais un résultat équilibré qui réaffirme les engagements fondamentaux et définit des mesures concrètes pour aller de l’avant renforcerait l’intégrité du TNP », a-t-il ajouté.

Ce traité, entré en vigueur en 1970 et signé par la quasi-totalité des Etats de la planète à l’exception notamment d’Israël, de l’Inde et du Pakistan, vise à empêcher la prolifération, à favoriser un désarmement complet et à promouvoir la coopération pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.