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REPORTAGE - Suspendus à la trêve, dont ils ignorent les retombées, les Iraniens vivent l’actuelle trêve comme un printemps contrarié par la crise économique et le règne de la terreur imposé par une République islamique fragilisée, mais radicalisée.

Pointée vers une forêt d’immeubles, la caméra de Golshan pivote en direction d’un ciel étonnamment bleu, puis caresse quelques nuages, avant d’embrasser les bourgeons des roses de son balcon. Jamais sa ville, Téhéran, habituellement cacophonique et polluée, n’a semblé aussi propre et paisible qu’en ce printemps blessé. « La belle Téhéran vit en suspens, entre guerre et paix », écrit cette avocate iranienne sur sa page X. L’extension du cessez-le-feu, décrété le 8 avril, et prolongé sine die par les États-Unis, offre un semblant de répit aux quelque 10 millions d’habitants de la mégalopole. Deux mois, jour pour jour, après le début des frappes israélo-américaines, les parcs sont pris d’assaut. Les terrasses de cafés sont plébiscitées. Dans le nord huppé de la capitale, les joggeurs sont de retour, après avoir fui vers la mer Caspienne et les montagnes alentour. Au centre et au sud de Téhéran, la vie reprend aussi entre les bâtiments bombardés.

Le répit n’est qu’un trompe-l’œil : sous…