Une réplique de la première bombe atomique chinoise au Musée de la Ville des deux bombes, à Zitong dans le Sichuan (Chine), le 13 février 2026. GILLES SABRIÉ
Long de plusieurs centaines de mètres, le tunnel a été creusé dans la montagne et consolidé d’un béton supposé résister à la pire attaque. Les douches de décontamination sont encore en place. Les vastes murs de la galerie se prêtent aux grands messages de propagande en caractères rouges. « Il n’y a qu’une seule voie ! Développer notre propre bombe atomique, de nos propres mains ! », enjoint un slogan. Plus bas, les anciens laboratoires racontent comment la Chine a bâti son arsenal nucléaire et pourquoi elle a déplacé ses recherches jusque dans ce coin reculé de l’ouest de son territoire, à Zitong au Sichuan, craignant dans les années 1960 à la fois les attaques des Etats-Unis mais aussi de l’empire soviétique voisin.
Les citoyens qui font le trajet jusque-là découvrent de grosses répliques de bombes rouges et blanches et un missile Dongfeng-2 (« le vent de l’Orient ») haut de 20 mètres. Des représentations en cire montrent les scientifiques s’affairant dans des laboratoires d’un autre temps. Nombre de coupures de presse de l’époque racontent les choix du pays. Deng Yujia, un professeur de chinois à la retraite, est venu découvrir l’ancienne unité 902, une branche du 9e Bureau chargé de développer l’arme suprême, devenue un musée. « Les autres grandes puissances avaient la bombe, donc comment se faire entendre si on ne l’avait pas ? Sans elle, votre pays et votre peuple sont en danger. C’est aussi simple que ça. N’est-ce pas un président américain [John F. Kennedy] qui a dit que la force parle d’elle-même ? »
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