Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé ce lundi Washington d’avoir fait échouer leurs pourparlers de paix, lors d’une visite en Russie où le président Vladimir Poutine l’a assuré de son soutien pour mettre un terme à la guerre.

Les tentatives de relance des discussions sur le cessez-le-feu et la réouverture à la navigation du détroit d’Ormuz - ébauchées début avril à Islamabad - ont jusqu’ici échoué face à la fermeté affichée par les deux camps.

« Le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n’a pas atteint ses objectifs en raison d’exigences excessives » des États-Unis, a dénoncé Abbas Araghchi à son arrivée à Saint-Pétersbourg (nord-ouest). Depuis qu’a débuté la guerre au Moyen-Orient fin février, le monde a « compris la véritable puissance de l’Iran », a-t-il affirmé au président Poutine, selon la télévision d’État russe. « Il est devenu évident que la République islamique est un système stable, robuste et puissant ».

Bientôt trois semaines après le cessez-le-feu obtenu au terme de 40 jours d’hostilités entre l’Iran et Israël allié aux États-Unis, Moscou reste l’un des principaux soutiens de Téhéran.

La Russie fera « tout » pour ramener la paix

La Russie fera « tout » pour que « la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible », a de son côté assuré Vladimir Poutine, cité par les médias d’État russes. Il a affirmé que Moscou avait l’intention de « continuer sa relation stratégique » avec Téhéran, saluant la « bravoure » et l’« héroïsme » du peuple iranien se battant pour « son indépendance ».

Côté américain, Donald Trump a réuni ce lundi ses principaux conseillers en matière de sécurité pour discuter d’une proposition iranienne, a indiqué la Maison Blanche. Selon un article du site Axios - relayé par l’agence officielle iranienne Irna - elle vise à rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin à la guerre, renvoyant à une date ultérieure les négociations sur le dossier nucléaire.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a lui appelé Téhéran à « des concessions majeures et un changement radical de posture », pour une « solution durable » à la crise, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Aucune base légale »

Le parlement iranien prépare cependant un projet de loi prévoyant de placer le stratégique détroit sous l’autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient interdiction d’y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens, a rapporté Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement sur la sécurité nationale.

« Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d’instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l’utiliser », a affirmé sur Fox News le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Le chef de l’agence maritime de l’ONU, Arsenio Dominguez, a lui réaffirmé qu’il n’existait « aucune base légale » pour une telle mesure « sur les détroits utilisés pour la navigation internationale ». Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la sécurité maritime doit avoir lieu lundi soir à New York.