Le premier ministre irakien désigné, Ali al-Zaidi, à Bagdad, le 27 avril 2026. AP
L’homme d’affaires Ali Al-Zaidi a été nommé, lundi 27 avril, comme premier ministre désigné par le président irakien Nizar Amedi après avoir reçu le soutien de la principale alliance chiite, à la suite du retrait de la candidature de Nouri Al-Maliki sous pressions américaines.
Le président a « chargé Ali Al-Zaidi, le candidat du plus grand bloc parlementaire, de former le nouveau gouvernement », qui devra ensuite être approuvé par le Parlement, a déclaré la présidence dans un communiqué.
Le Cadre de coordination, alliance de factions chiites majoritaire au Parlement, venait d’annoncer avoir « choisi Ali Al-Zaidi » comme candidat pour le poste de premier ministre.
Cette désignation met fin à d’intenses tractations menées depuis que le président américain, Donald Trump, avait menacé, en janvier, de retirer tout soutien à Bagdad si Nouri Al-Maliki, ancien titulaire du poste et perçu comme proche de l’Iran voisin, revenait au pouvoir.
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Le Parlement irakien avait élu le 11 avril Nizar Amedi à la présidence, et celui-ci disposait théoriquement de quinze jours pour nommer un premier ministre issu du bloc majoritaire au Parlement. Il s’est donc empressé de conclure le processus.
Le Cadre de coordination a salué la position « historique et responsable » de Nouri Al-Maliki, qu’il avait d’abord soutenu, et de Mohammed Chia Al-Soudani, le premier ministre par intérim, qui avaient tous deux retiré leurs candidatures.
Il deviendrait le plus jeune premier ministre d’Irak
Considéré comme une figure de compromis, Ali Al-Zaidi est peu connu dans les milieux politiques. Homme d’affaires, banquier et propriétaire d’une chaîne de télévision, il n’a jamais occupé de fonctions gouvernementales.
Selon les règles en vigueur, Ali Al-Zaidi a trente jours pour former un gouvernement, avant un vote du Parlement pour son entrée en fonction. Il deviendrait alors, à 40 ans, le plus jeune premier ministre d’Irak.
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Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, le poste de premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite et la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde.
L’Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l’Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-mêmes ennemis.
Pour l’analyste politique Hamzeh Hadad, Ali Al-Zaidi semble disposer, en tant que banquier propriétaire d’une chaîne de télévision, de plusieurs atouts pour obtenir le soutien de l’opinion publique et de la classe politique.
Respect du calendrier constitutionnel
Sa nomination permet en tout cas au Cadre de coordination de respecter le calendrier constitutionnel, qu’il parvienne ou non à former un gouvernement.
Ces dernières années, après des décennies de conflits, l’Irak a connu une certaine stabilité, mais sa vie politique demeure instable, minée par des conflits internes et des dynamiques régionales contrastées. Cette nomination intervient dans le contexte délicat de guerre régionale déclenchée par l’attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran. L’Irak a été entraîné dans ce conflit, son territoire ayant été la cible de frappes visant d’une part des intérêts américains et d’autre part des groupes soutenus par Téhéran.
Le conflit a forcé les dirigeants irakiens à interrompre leurs pourparlers concernant la nomination d’un premier ministre, qu’ils n’ont rouvert qu’après l’entrée en vigueur, le 8 avril, d’un cessez-le-feu fragile entre les Etats-Unis et l’Iran.
Le nouveau premier ministre irakien devra répondre à une demande formulée de longue date par Washington : le désarmement des groupes soutenus par l’Iran, que les Etats-Unis considèrent comme des organisations terroristes.
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Le nouveau premier ministre devra également rétablir les relations de l’Irak avec les pays du Golfe, qui ont protesté contre les attaques menées sur leur territoire par des groupes soutenus par Téhéran pendant la guerre.
Il devra enfin s’attaquer aux nombreuses difficultés économiques de l’Irak, notamment la forte baisse des revenus causée par le blocage de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, alors que les exportations de pétrole représentent environ 90 % des recettes budgétaires du pays.
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