Le roi Charles III et la reine Camilla ont été reçus lundi par Donald Trump, à l’entame d’une visite d’État qui suit une nouvelle tentative présumée d’assassinat du président américain, et qui se déroule en pleine crispation diplomatique autour du conflit en Iran.
Le couple royal, dont le premier déplacement officiel aux États-Unis doit durer quatre jours, a été accueilli par le dirigeant républicain et son épouse Melania à l’entrée sud de la Maison Blanche.
Tous quatre ont posé sur le tapis rouge, le roi et le président échangeant quelques propos inaudibles pour les journalistes présents, avant de gagner l’intérieur du bâtiment pour prendre le thé.
Charles III, féru de faune et de flore, la reine Camilla et le couple présidentiel ont aussi visité les ruches de la Maison Blanche. Seuls des photographes de presse ont pu suivre ces moments. Le tout a duré un peu plus d’une heure.
Trump montre à Charles sa future salle de bal
Sur divers clichés, on voit les deux couples autour d’une table basse chargée de tasses et de pâtisseries, puis dans les jardins devant un présentoir de pots de miel et auprès d’une maquette de la future salle de bal de la Maison Blanche, un projet cher à Donald Trump.
Une autre photo montre le groupe passant près d’une peinture représentant le président américain avec le poing levé juste après la tentative d’assassinat qui l’a visé à l’été 2025 pendant un meeting en Pennsylvanie (est).
Le roi Charles et la reine Camilla ont ensuite pris le chemin de l’ambassade britannique, pour une « garden party ». La reine portait à son arrivée à l’aéroport une broche réunissant les drapeaux américain et britannique, reproduits en pierres précieuses, sur une robe blanche ornée de broderies noires.
Le bijou résume la délicate mission diplomatique de Charles III, qui veut s’efforcer de décrisper la relation entre Londres et Washington. La visite d’État doit marquer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Elle a été maintenue malgré la tentative d’intrusion d’un assaillant armé samedi lors d’un dîner de gala en présence du président américain.
Les louanges de Trump à Charles
Le dirigeant républicain, fasciné par la pompe monarchique, est aussi prompt à louer le monarque que prodigue en critiques contre le Premier ministre britannique Keir Starmer. « C’est un mec super », a dit Donald Trump à propos du roi dans un entretien avec Fox News dimanche, « il représente son pays comme personne d’autre ne peut le faire. »
Charles III avait exprimé son soulagement après les coups de feu tirés samedi pendant le dîner annuel des correspondants de la Maison Blanche, qui n’ont pas fait de victime.
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Mardi, la journée la plus protocolaire du voyage commencera par une cérémonie d’accueil militaire. Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l’éducation et à l’intelligence artificielle.
Le même jour, le souverain britannique prononcera un discours devant le Congrès américain - le premier du genre depuis Elizabeth II en 1991. Les deux couples se retrouveront en soirée pour un dîner de gala, en comité assez restreint, dans une salle de réception de la Maison Blanche.
L’affaire Epstein en toile de fond
En déplacement à New York mercredi, le roi et la reine se rendront au Mémorial des attentats du 11-Septembre. Charles III voudra tout faire pour éviter que la crispation entre Londres et Washington ne produise une note discordante dans cette pompe bien huilée.
Donald Trump, certes bien disposé personnellement à l’égard du roi, critique au contraire sans relâche le Premier ministre Keir Starmer, au sujet de ses réserves de la guerre en Iran, entre autres points de discorde. Le tout sans laisser trop l’ascendant à l’imprévisible président américain, ce qui alimenterait les critiques déjà nombreuses au Royaume-Uni sur ce voyage.
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En plus d’attaquer Keir Starmer, le président américain a bousculé la « relation spéciale » transatlantique en s’en prenant à l’armée et à la marine britanniques. Le déplacement a un autre sujet explosif en toile de fond : l’affaire Epstein et l’amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel.