C’est le dernier épisode en date de l’irruption d’un homme armé en marge du gala de la presse samedi dernier : le parti républicain entend rapidement faire adopter un texte, au Congrès, afin de débloquer 400 millions de dollars destinés à financer la construction de la salle de bal de la Maison Blanche. C’était pourtant une promesse de Donald Trump : le président américain s’était passé de toute formalité, n’avait demandé l’accord de personne pour modifier le siège de la présidence, car il assurait catégoriquement que le financement des travaux serait d’origine privée.

Changement total de pied, donc : le sénateur Lindsey Graham s’est fait le porte-parole de Donald Trump pour justifier ce besoin financier urgent. « Nous avons vu samedi que l’Amérique a un problème : il est très difficile de réunir un groupe de personnalités importantes au même endroit, à moins que celui-ci ne soit vraiment, vraiment sécurisé », a-t-il déclaré, en référence à cette tentative d’intrusion d’un homme armé au dîner des correspondants de la Maison Blanche, auquel assistaient les principaux dirigeants du pays.

VidéoDonald Trump veut construire une salle de bal à 200 millions de dollars dans la Maison-Blanche

L’homme avait pu s’approcher de la salle de bal du Washington Hilton, située au sous-sol, car l’hôtel était resté ouvert au public. Les Républicains estiment qu’avec cette immense salle de bal que souhaite faire ériger Donald Trump à la place de l’aile Est, déjà détruite, de la Maison Blanche, les grands rassemblements n’auront plus besoin d’être délocalisés.

C’est partiellement faux : le gala de la presse, par exemple, est justement organisé dans un lieu tiers pour marquer l’indépendance des journalistes vis-à-vis du pouvoir. Salle de bal ou pas, il continuera très certainement d’avoir lieu dans un espace privé.

L’aile Est de la Maison Blanche déjà détruite

Le parti conservateur espère que le Congrès soutiendra « aussi vite que possible » cet effort. Lindsey Graham, une figure majeure de la droite américaine, est suivi par d’autres élus, qui ont déjà donné leur approbation à une telle idée.

Difficile d’arrêter une machine lancée : l’aile Est de la Maison Blanche a totalement été rasée. Tout porte à croire que le projet ira à son terme. Washington ne pourra pas justifier longtemps que le lieu de pouvoir le plus connu au monde offre une image de terre retournée et de gazon mal taillé sur une partie de sa superficie. Les élus ont été mis devant le fait accompli.

Lors de leur visite d'Etat ce lundi, le Roi Charles III et la Reine Camilla se sont vu présenter le modèle de salle de bal voulu par Donald Trump à la Maison Blanche. Aaron Chown/Pool via REUTERS

Une querelle judiciaire a toutefois commencé : en première instance, un juge fédéral a d’abord bloqué les travaux de construction, estimant qu’ils n’avaient pas reçu le feu vert du Congrès. En appel, un autre juge a autorisé la poursuite de ces travaux, le temps que l’affaire soit jugée sur le fond.

Financés par les droits de douane de Trump ?

Donald Trump entend profiter de la brèche dans la sécurité, ouverte par un assaillant armé samedi soir, pour pousser son idée et emporter à l’arraché un accord sur le financement. Le temps presse : dans six mois auront lieu les élections de mi-mandat, et tous les sondages prédisent une large défaite pour le camp conservateur. Sans majorité, le parti républicain pourra faire une croix sur toute aide concernant des projets aussi polémiques.

Lindsey Graham a affirmé que ces 400 millions de dollars seraient couverts par les droits de douane récoltés par le gouvernement fédéral. « Les dons privés pourront être utilisés pour acheter de la vaisselle ou des choses comme ça », a complété le sénateur de la Caroline du Sud.