Marlène Laruelle. YANN LEGENDRE
Professeure à l’université Luiss de Rome, Marlène Laruelle dirige le programme d’études de l’illibéralisme de l’Université George-Washington, aux Etats-Unis. Elle s’intéresse tout particulièrement aux constructions idéologiques déployées par le pouvoir russe pour justifier son action. Elle vient de faire paraître Les Idées politiques de la Russie poutinienne (PUF, 356 pages, 25 euros).
La défaite de Viktor Orban, lors des élections législatives en Hongrie le 12 avril, est-elle une défaite pour la Russie de Vladimir Poutine ?
Viktor Orban a perdu pour des raisons principalement intérieures : lassitude de la population après seize ans au pouvoir, mauvais résultats économiques et affaires de corruption. Mais c’est également une défaite pour « l’internationale illibérale » à laquelle appartient le président russe, tout comme son homologue américain, Donald Trump, et de nombreux partis européens comme le Rassemblement national, en France, ou Alternative pour l’Allemagne. Pour cette droite opposée au libéralisme politique et culturel, la Hongrie d’Orban constituait une plaque tournante où se croisaient des responsables politiques et des intellectuels conservateurs du monde entier, avec des entrées aussi bien dans l’administration américaine que du côté russe. Pour le moment, aucun pays ne semble pouvoir la remplacer dans ce rôle de carrefour idéologique.
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