Le 21 décembre 1998, le temps s’est arrêté au-dessus du petit village écossais de Lockerbie. Trente-huit minutes après son décollage, le vol 103 de la Pan Am reliant Londres à New York, explose en plein vol, tuant 259 passagers et 11 habitants au sol. « Lockerbie : attentat en plein vol », thriller en cinq épisodes, disponible sur M6 à partir de ce mardi 28 avril, retrace le véritable combat du Docteur Jim Swire, interprété ici par Colin Firth dont la fille Flora figure parmi les victimes.
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Adaptée du livre « The Lockerbie Bombing: A Father’s Search for Justice » (2001), la série- réalisée par Otto Bathurst et Jim Loach - mêle enquête judiciaire, drame familial et thriller géopolitique. Elle couvre plus de 35 années de lutte acharnée de Jim Swire (de 1988 jusqu’en 2012) pour rendre justice aux familles des disparus.
Un drame qui aurait pu être évité ?
On comprend assez vite qu’il s’agit d’un attentat perpétré par des agents libyens, lesquels avaient dissimulé une bombe dans une valise. Mais « Lockerbie : attentat en plein vol » met en lumière les nombreux dysfonctionnements et zones d’ombre qui ont entouré cette affaire.
La série s’appuie sur des faits réels. Jim Swire, épaulé par un journaliste, découvre que les autorités britanniques avaient été alertées d’un risque d’attentat sans prendre les mesures nécessaires. Elle pointe également les failles des dispositifs de sécurité de l’époque, jugées insuffisantes.
Mais c’est surtout le procès des deux Libyens accusés de l’attentat qui occupe une place centrale. Jim Swire va jusqu’à se lier d’amitié avec un des accusés, Abdel Baset al-Megrahi, condamné pour l’attaque, et milite pour sa libération. Convaincu de son innocence, il défend l’idée d’une erreur judiciaire, évoquant notamment des irrégularités dans le procès qui s’est tenu aux Pays-Bas. Une prise de position qui est loin de faire l’unanimité.
Pour ceux qui ne connaissent pas les détails de l’attentat ni l’enquête menée par Swire, cette série sombre est parriculièrement instructive. Certes, certaines séquences s’étirent et la densité des enjeux géopolitiques perd un peu le téléspectateur . Mais ces longueurs sont compensées par la force émotionnelle du récit et de l’interprétation sobre et habitée de Colin Firth (« Love Actually » « Le journal de Bridget Jones »).
L’autre point fort réside dans sa mise en scène, qui alterne habilement entre images d’archives et reconstitutions. Ce choix renforce l’impression de réalisme et donne au récit une dimension quasi documentaire. Le premier épisode, assez poignant confronte le public à la violence de l’événement, avec des scènes d’explosion, des corps tombant du ciel et le deuil éprouvant des familles. Finalement, à ce jour, des enquêtes sont toujours en cours et le combat de Jim Swire se poursuit pour découvrir la vérité.