Comment « donner envie » aux médecins généralistes de s’installer… en Charente-Maritime ? Cette question a de quoi laisser pantois tant ce département côtier particulièrement prisé par les touristes cumule (a priori) les atouts. Elle tracasse pourtant le conseil départemental comme l’ARS (Agence régionale de santé) de Charente-Maritime, la CPAM et jusqu’à la faculté de médecine de Poitiers (Vienne).

Ces partenaires viennent de lancer le GPS 17 (guichet des professionnels de santé de la Charente-Maritime). Derrière cette appellation se cache tout bonnement une plate-forme numérique regroupant toutes les informations utiles et destinées à convaincre les médecins généralistes, internes et docteurs juniors d’opter pour ces terres hospitalières. Coordonné par le département, le GPS 17 cartographie toute l’offre de soins existante, les opportunités d’installation, de logement et de stage.

À lire aussi En Eure-et-Loir, le plus grand désert médical de France mise aussi sur sa plateforme en ligne

En un clin d’œil, il est ainsi possible de savoir où s’implanter, avec qui et dans quelles conditions. À noter : les patients y trouveront, eux aussi, une ressource extrêmement utile pour localiser tous les professionnels de santé, les pharmacies, infirmiers et infirmières ou encore les maisons et centres de santé. « Le millefeuille administratif peut décourager. C’est peut-être l’outil qui manquait, il correspond vraiment aux attentes de nos étudiants », estime le Dr Régis Audier, maître de conférences associé de médecine générale.

Une plate-forme également utile pour les patients

Ses étudiants et futurs médecins y découvriront également toutes les aides financières existantes. Pour « une installation réussie » en zone « fragile » ou « très fragile », le département verse par exemple une enveloppe de 10 000 à 30 000 euros. Parmi les conditions imposées : exercer 5 ans dans la même commune. La CPAM peut, elle, octroyer 5 000 à 10 000 euros d’aides à la primo-installation, sous conditions.

Les étudiants et médecins remplaçants « inscrits au tableau de l’Ordre » depuis moins d’une année peuvent également cumuler ces dispositifs avec le contrat début d’exercice (CDE) piloté par l’ARS. Le CDE leur garantit une rémunération complémentaire au cas où leur patientèle ne générerait pas suffisamment d’honoraires. Ces aides financières ne suffisent pas à elles seules à convaincre, affirment l’ARS, la CPAM et le département.

À lire aussi Un cabinet autonome de téléconsultation pour lutter contre les déserts médicaux

Les questions liées à l’emploi des conjoint(e)s, au logement ou aux loisirs sont aussi scrutées de près. Mais sans ces enveloppes, la Charente-Maritime ne serait pas dans la course, admettent les pouvoirs publics à demi-mot. Car d’autres régions proposent des sommes identiques ou supérieures. « Notre département est très attractif. Il n’en demeure pas moins qu’il faut sans cesse en faire la promotion », explique ainsi Sylvie Marcilly, la présidente du département.