Des agents de la police nationale surveillent la plage de Gravelines alors que des migrants s’apprêtent à traverser la Manche. A Gravelines (Pas-de-Calais), le 3 mars 2026. SAMEER AL-DOUMY / AFP
Plus de 6 000 personnes ont rejoint l’Angleterre à bord de petits canots pneumatiques depuis le début de l’année 2026. Un niveau de traversées important, alors que la France a modifié sa doctrine d’intervention en mer pour juguler les départs de migrants vers l’Angleterre. La nouvelle approche – décrite dans un ordre d’opération interpréfectoral non public du 25 novembre 2025 – consiste à permettre à des embarcations de la gendarmerie maritime d’intercepter des small boats, pratique jusque-là exclue dans la Manche, car jugée trop dangereuse en raison des risques de chavirements et de noyades.
Les auditions menées par la commission d’enquête parlementaire en cours sur les accords du Touquet ont permis d’en savoir plus sur la réalité de ces manœuvres. Entendu le 8 avril, le directeur général des étrangers en France, Laurent Touvet, a ainsi rappelé que la nouvelle doctrine « a fait l’objet de très nombreux échanges avec les autorités judiciaires (…) pour éviter que les forces de gendarmerie maritime ne soient mises en cause lors de cette action ».
L’objectif, pour les pouvoirs publics, est de mettre à mal les traversées par taxi-boats, un mode opératoire qui représente plus de la moitié des départs. Il consiste à faire partir un canot d’un point éloigné du détroit du Pas-de-Calais, pour lui faire ensuite longer la côte avant de se rapprocher d’une plage pour faire embarquer les personnes directement dans l’eau. Le but ? Contourner la présence policière sur les plages.
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