Emmanuel Grégoire craint « un effet brutalissime si l’encadrement des loyers s’arrête ». Le nouveau maire socialiste de Paris a exhorté le gouvernement à prolonger ce dispositif, lundi 27 avril, en s’appuyant sur une étude d’impact publiée le même jour. « L’encadrement des loyers a permis de [les] modérer de façon conséquente », a résumé Alexandre Labasse, directeur de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), qui a réalisé trois évaluations successives avec le Cesaer (laboratoire spécialisé dans les dynamiques des territoires et l’évaluation des politiques publiques), le laboratoire d’économie de Poitiers et la plateforme immobilière SeLoger. L’évolution des loyers à Paris a été comparée à celle de huit grandes villes dont le marché immobilier présentait une tendance similaire et qui n’expérimentaient pas l’encadrement.
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Les économistes en ont conclu qu’entre juillet 2019 et juin 2025, les loyers de la capitale ont augmenté, mais qu’ils ont été en moyenne inférieurs de 5 % à ce qu’ils auraient été sans encadrement. Les locataires y ont ainsi économisé, sur la période, 81 euros par mois et 968 euros par an en moyenne. L’impact a néanmoins été amoindri par la part croissante, depuis 2022, de logements ne respectant pas les plafonds de loyers fixés, avec près d’une annonce sur deux concernée.
L’APUR évalue l’effet modérateur à – 4,96 % dans six autres villes étudiées, qui ont progressivement rejoint l’expérimentation : Lille, Lyon, Villeurbanne (Métropole de Lyon), Bordeaux, Montpellier et Grenoble. Enfin, les chercheurs n’ont constaté « aucune baisse durable du nombre d’annonces directement imputable à l’encadrement des loyers », contrairement à ce qu’affirment les adversaires du dispositif, dont l’Union nationale des propriétaires immobiliers.
« Mesures incitatives »
Paris n’est pas seule à souhaiter que cet outil de régulation puisse être prolongé au-delà de novembre 2026, où s’achèvera l’expérimentation actuelle. C’est aussi le cas d’une majorité de villes et d’intercommunalités, parmi les 71 communes qui ont activé le dispositif. La Métropole de Lyon, passée à droite à l’issue des municipales de mars, y est, en revanche, opposée : « Plutôt que d’imposer un encadrement strict des loyers, nous privilégions une approche progressive fondée sur des mesures incitatives », explique par écrit son nouvel exécutif. L’Association des maires de France y est favorable, « à condition que chaque collectivité puisse décider d’appliquer ou non l’encadrement », rappelle le coprésident de sa commission logement, le maire de Chambéry, Thierry Repentin.
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