« C’est un non-sens écologique d’abattre plus de 1 000 arbres en pleine période de croissance » déplore Christian Uhrweiler, vice-président d’Alsace Nature. Cette association de défense de l’environnement s’est fendu d’un communiqué pour dénoncer l’abattage d’un millier de conifères sur la route menant au Grand Ballon d’Alsace.
Menées par la mairie de Sewen (Haut-Rhin) pour un coût de 70 000 euros, ces opérations visent à sécuriser l’axe emprunté par le peloton du Tour de France à l’occasion de la 14e étape Mulhouse-Markstein, le 18 juillet prochain.
« Nous regrettons que rien n’ait été anticipé »
« Le parcours de la Grande Boucle est connu depuis presque un an. Pourquoi avoir attendu la pousse des arbres, au printemps, pour les enlever ? » s’emporte Christian Uhrweiler. De fait, la préfecture du Haut-Rhin a confirmé, ces derniers jours, l’abattage de 1 071 troncs sur un parcours de 4,5 km d’ici le 15 mai.
« Ces coupes étaient prévues depuis très longtemps mais on peut imaginer que la future venue du Tour de France a accéléré le timing. Nous sommes bien conscients qu’il fallait sécuriser cet axe du Grand Ballon mais nous regrettons que rien n’ait été anticipé. On aurait pu étaler l’enlèvement des arbres sur plusieurs mois et le faire lors des saisons propices aux déracinements et non en pleine période de croissance » confie Christian Uhweiler.
Un manque de communication des autorités qui désole aussi Philippe Iltis. Le gérant de la ferme-auberge du Hinterhalfeld à Sewen ne masque pas sa colère. « Nous avons été prévenus de la fermeture de la route seulement 7 jours avant le début des travaux… » peste l’aubergiste. C’est la mairie qui lui a annoncé que le tronçon menant à son exploitation serait inaccessible pendant plusieurs semaines.
« Ça a été la douche froide car il a fallu s’organiser en urgence. Pour alimenter notre trentaine de bovins à 710 m d’altitude, on a dû acheminer le foin depuis la vallée pour 4 semaines… » renchérit Philippe Itlis. Et le Haut-Rhinois a également été contraint de prendre des mesures face aux conséquences économiques.
« Nous allons perdre des milliers d’euros »
« Nous avons 6 salariés sous contrat. Alors que le restaurant est désormais fermé temporairement, je n’ai plus que 2 personnes qui viennent travailler quotidiennement » détaille le propriétaire de la ferme du Hinterhalfeld. Un manque à gagner conséquent aussi au niveau de la clientèle qui s’annonce bien réel même si l’Alsacien ne l’a pas encore entièrement chiffré.
« Notre auberge fonctionne à plein régime lors des week-ends printaniers avec une centaine de couverts à chaque déjeuner. Nous allons perdre des milliers d’euros » estime-t-il. D’autant que le professionnel ne pourra pas se rattraper au moment du passage du peloton mi-juillet.