Un pavé lancé dans la nuit, un policier qui s’effondre inconscient dans son véhicule, une évacuation rendue périlleuse par la foule : Les Mureaux ont vécu, dans la nuit de dimanche à lundi, une scène de violence rare. Samir, agent de la brigade anticriminalité (BAC) du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, a été grièvement blessé au visage lors d’un guet-apens orchestré par une centaine d’individus dans le quartier de la Vigne-Blanche. Trois policiers ont été blessés au total et une enquête a été ouverte par le parquet de Nanterre.
Un appel aux pompiers et embuscade
Aux alentours de deux heures du matin, les sapeurs-pompiers sont appelés pour des incendies de conteneurs à ordures dans le secteur de la Vigne-Blanche. La BAC est dépêchée sur place pour les sécuriser. Mais derrière ce signalement se cache un piège. « En réalité, il s’agissait d’une embuscade orchestrée par une centaine d’individus », précise une source proche du dossier.
Pompiers et policiers sont aussitôt pris pour cibles et visés par des jets de projectiles. Les fonctionnaires ont recours à des grenades lacrymogènes pour tenir les assaillants à distance. C’est à ce moment-là que Samir abaisse la vitre de son véhicule pour renouveler l’air de l’habitacle saturé de gaz, relate cette même source. Un pavé le frappe de plein fouet au visage. Il perd immédiatement connaissance.
L’évacuation du policier blessé s’avère alors particulièrement éprouvante. Selon Rudy Manna, délégué national de l’Unsa Police, des individus ont tenté d’entraver les secours. « L’évacuation de Samir a été rendue compliquée par les individus qui empêchaient qu’elle ait lieu », écrit-il sur Facebook.
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Ce sont finalement les renforts du département et les membres de la CRS 8 qui ont permis l’extraction du policier. Deux agents de la CRS 8 ont par ailleurs été légèrement blessés lors de l’intervention, portant à trois le nombre total de fonctionnaires touchés dans la nuit. L’Unsa Police, qui a publié sur Facebook une photographie de l’habitacle du véhicule maculé de sang, dit apporter un « soutien total » à Samir.
De son côté, le parquet de Versailles a confirmé l’ouverture d’une enquête confiée à la Direction centrale du territoire (DCT) pour « violences avec ITT supérieure à huit jours (15 jours) sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Le policier présente « un traumatisme maxillo-facial, une fracture du nez et une luxation de dents », précise le parquet. Il présenterait également quatre dents cassées, selon l’Unsa. On ignore à ce stade si des interpellations ont été effectuées.
Une séquence de violences qui remonte à samedi
Ces événements s’inscrivent dans une séquence de tensions qui a débuté dès le samedi 25 avril à Ecquevilly, commune voisine des Mureaux. Cet après-midi-là, un jeune homme de 20 ans circulant en motocross, sans casque et se livrant apparemment à du rodéo urbain, a percuté un véhicule de gendarmerie à l’intersection des routes départementales D113 et D43.
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Transporté en urgence absolue vers un hôpital parisien, il se trouvait dans un état critique ce lundi. Plusieurs sources concordantes établissent un lien direct entre cet accident et le guet-apens des Mureaux.
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Dès la nuit suivante, celle du samedi au dimanche, les premières représailles ont éclaté. À Ecquevilly, rue Jules-Ferry, plusieurs véhicules et conteneurs ont été incendiés. Simultanément, à Sartrouville, des agents de la police municipale ont été visés par des jets de projectiles dans la cité des Indes, sans être blessés. Un mineur de 17 ans a été interpellé par la BAC, selon le communiqué de l’Unsa Police.
Une troisième nuit agitée, un appel au calme
Dans la nuit de lundi à mardi, les pompiers sont de nouveau intervenus aux Mureaux pour des feux de poubelles et de véhicules, cette fois-ci « sans être pris à partie », précise une source au Parisien. Quelques heures plus tôt, une centaine de jeunes avaient été aperçus en train de monter des barricades dans le secteur.