Ils étaient 30 ce lundi 27 avril à l’Assemblée nationale à se prononcer sur le rapport final de Charles Alloncle, député UDR de l’Hérault. Après plus de quatre heures de débat, les députés membres de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public ont adopté l’épais document de 400 pages rédigé par leur collègue d’extrême droite.
Un vote serré : 12 députés ont voté pour la publication du rapport, 10 se sont opposés et 8 se sont abstenus.
Ils ont voté contre
Socialistes, Insoumis et écologistes avaient prévenu avant même le début de la réunion de la commission d’enquête qu’ils voteraient contre l’adoption du rapport. Seul représentant du groupe GDR (communiste), Emmanuel Maurel privilégiait d’abord une abstention, ne voulant pas créer un « précédent ».
Car un vote négatif est rarissime : il aurait signifié la non-publication du rapport et la suppression de l’ensemble des archives des travaux parlementaires et du compte rendu des auditions. Avant même de se prononcer sur le rapport rédigé par Charles Alloncle, les parlementaires ont donc voté pour la sauvegarde de ces heures d’auditions sur le site de l’Assemblée nationale.
Le député du Val-d’Oise a finalement rejoint la position de ses collègues PS, LFI et écologistes : les 10 parlementaires de gauche votent contre.
Ils ont voté pour
À l’inverse, tous les députés de droite et d’extrême droite ont voté pour la publication du rapport : les six élus RN, Charles Alloncle lui-même, les deux députés LR François-Xavier Ceccoli et Virginie Muller, ainsi que la députée non-inscrite de Vendée Véronique Besse.
Dix contre dix. Pour atteindre les douze voix en faveur du rapport, deux autres parlementaires ont joint leurs voix à celle de la droite et de l’extrême droite : Laurent Mazaury (Liot) et le président Horizons de la commission d’enquête Jérémie Patrier-Leitus.
Le premier a justifié sur X son vote en expliquant qu’il « répond à une exigence essentielle de transparence de l’action publique ». Le second a lui aussi évoqué « un souci de transparence vis-à-vis des Français et malgré des différences politiques majeures et des différences de méthode fondamentales avec le rapporteur ».
Un choix vivement critiqué par la gauche. Jérémie Patrier-Leitus « a changé son vote au dernier instant », et a « permis la publication du rapport », a dénoncé devant la presse l’Insoumis Aurélien Saintoul. « Le macronisme aura été un paillasson, voire un tremplin » de l’extrême droite.
Car si Jérémie Patrier-Leitus avait voté contre, il y aurait eu 11 voix pour et 11 voix contre. Une majorité absolue des voix n’aurait pas été atteinte et le rapport aurait été rejeté.
Ils se sont abstenus
Dans ce scrutin décisif, la quasi-totalité du bloc central s’est donc abstenue. Quelques heures avant le vote, Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, avait annoncé que ses cinq députés avaient « décidé de s’abstenir pour ne pas empêcher la publication du rapport ».
Autre représentante du parti d’Édouard Philippe au sein de la commission d’enquête, Béatrice Piron n’a pas suivi le président Jérémie Patrier-Leitus et a décidé de s’abstenir.
Tout comme le MoDem, représenté lors du scrutin par Sophie Mette et Erwan Balanant. Ce mardi, le député du Finistère a justifié cette position. « Ne pas avoir voté contre, ça voulait dire ne plus avoir de rapport du tout (…) Je ne voulais pas en faire une victime. Il a déjà suffisamment fait la victime », a-t-il dit au sujet du rapporteur Charles Alloncle.