Au lendemain de l'adoption du rapport de Charles Alloncle sur l'audiovisuel public, le député Modem, Erwan Balanant, membre de la commission d'enquête, a annoncé ce mardi 28 avril vouloir lancer une "contre-enquête."

Des députés veulent contre-attaquer à l'adoption du rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Invité ce mardi 28 avril de France Info, le député Modem, Erwan Balanant, a annoncé qu'il allait "faire un contre-rapport."

Le contenu de ce document de plusieurs centaines de pages a fuité ces derniers jours. Il fixe environ 80 propositions impliquant une vague d'économies avec la suppression des chaînes France 4 et France TV Slash, la fusion de France 2 et France 5 au profit d'une "grande chaîne généraliste" et la suppression de la radio Le Mouv.

"On va expertiser [les 80 propositions] unes à unes et démontrer que la plupart d'entre elles sont délétères pour le service public et la démocratie. Nous allons faire quelque chose qui est de l'ordre d'un contre-rapport", a précisé l'élu du Finistère.

Erwan Balanant juge que le projet de Charles Alloncle est simpliste. "D'un côté l'audiovisuel public repris en main par les pouvoirs publics avec beaucoup moins de moyens et de l'autre une sorte de dérégulation des médias où chacun pourrait ce qu'il veut comme il veut sans aucun contrôle ni régulation."

Le député s'est abstenu

Ce rapport a été voté après cinq heures d'âpres débats et d'auditions. Le scrutin a été particulièrement serré. Les 31 membres de la commission qui réunit tous les camps politiques ont voté en faveur de sa publication avec douze voix pour la publication et dix contre. Erwan Balanant qui y siège, a décidé, comme les députés de la majorité présidentielle, de s'abstenir. Il a expliqué cette position de vote à France Info.

Le député du Finistère a expliqué qu'il voulait "éviter de ne plus avoir de rapport du tout" et de "déclencher une machine à fantasmes". L'élu a affirmé aussi qu'il ne "voulait pas" faire de Charles Alloncle "une victime"; "il a déjà suffisamment fait la victime", tranche-t-il.

Erwan Balanant a également insisté sur le caractère non contraignant du rapport. "Ce n'est pas une loi."

"Nous avons demandé au rapporteur de changer un certain nombre de choses dans son rapport. [Il y a eu des modifications] à la marge. Ce n'était pas modifier pour modifier. Nous n'allions pas le censurer, l'idée était d'éviter les outrances, les attaques personnelles, mais il n’a quasiment rien changé. Pour moi c'est uniquement le rapport de Charles Alloncle."

Ce dernier a assuré hier soir sur BFMTV que l'adoption de ce rapport "n'a pas été chose aisée" mais qu'il l'a été grâce à "un certain nombre de compromis". Il a, par ailleurs, regretté les "nombreuses fausses informations qui ont circulé."

De son côté, le président de la commission d'enquête Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a voté pour la publication, estimant ainsi sur France Inter que les Français pourront se faire un avis sur "les méthodes de l'extrême droite", avec la publication du rapport Alloncle lundi prochain.