Avec la prolongation d’un fragile cessez-le-feu, il est l’heure de faire un premier bilan de l’engagement militaire des États-Unis en Iran. Dans une étude publiée en fin de semaine dernière, le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a fait le point sur l’état des stocks de sept munitions « critiques » de l’armée américaine.
Si pour le moment, « l’analyse montre que les États-Unis disposent de suffisamment de missiles pour poursuivre ce conflit dans tous les scénarios plausibles (…) le risque persistera pendant de nombreuses années réside dans les guerres futures », écrit le CSIS. Au centre de ce document, la sursollicitation du missile Tomahawk est notamment pointée du doigt.
2,9 milliards de dollars de Tomahawk épuisés
Après 39 jours de conflits avant la conclusion d’un cessez-le-feu encore fragile, l’armée américaine a tiré plus 1 100 Tomahawks (TLAM), soit cinq fois la quantité produite en 2026. Cela représente, selon l’étude, la quasi-totalité des Tomahawk disponibles dans la région. Ce missile à longue portée tiré depuis la mer existe dans des versions terrestres, mais ces dernières ne sont pas déployées sur le théâtre d’opérations.
Selon le Washington Post, les forces navales américaines avaient déjà lancé plus de 850 missiles durant le premier mois de conflit, avant un léger infléchissement des tirs. Au total, les États-Unis ont ainsi épuisé un tiers de leur stock, estimé à un peu plus de 3 000 exemplaires avant la guerre.
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Le missile Tomahawk étant estimé à 2,6 millions de dollars (2,22 millions d’euros) l’unité, Washington a ainsi dépensé l’équivalent de 2,9 milliards de dollars (2,47 milliards d’euros) en munitions de TLAM. « Reconstituer les stocks de ces munitions aux niveaux d’avant-guerre prendra entre un et quatre ans », explique le CSIS. Pour le moment, le délai de livraison total (entre la commande et la mise en service) pour les Tomahawks est évalué autour des 47 mois, soit presque 4 ans.
C’est pourquoi les responsables américains ont déjà prévenu leurs homologues européens et occidentaux de futurs retards de livraison à prévoir. Le Japon, qui a pourtant modifié l’un de ses destroyers pour être équipés de missiles Tomahawk, va devoir attendre pour se faire livrer les 400 munitions de TLAM promis.