Des rebelles touareg du Front de libération de l’Azawad à l’arrière de camionnettes à Kidal (Mali), le 26 avril 2026. ABDOLLAH AG MOHAMED/AFP

Le bouleversement politico-militaire en cours au Mali est aussi un tournant dans la géopolitique régionale. Les percées territoriales réalisées le samedi 25 avril par les groupes insurgés djihadistes et indépendantistes du Nord malien face à une armée de Bamako désormais sur la défensive reconfigurent en effet les lignes de force dans la zone sahélo-saharienne en remettant en selle un pays : l’Algérie.

Cette dernière avait vu son influence régresser depuis la fin 2023 sur ses marches méridionales à mesure que sa relation virait à l’orage avec la junte malienne et, par voie de conséquence, avec les pouvoirs putschistes du Niger et du Burkina Faso solidaires au sein de l’Alliance des Etats du Sahel. Les contacts étaient quasiment rompus entre le Mali et l’Algérie, le premier fustigeant comme « un soutien au terrorisme » les appels de la seconde à dialoguer avec les groupes armés touareg et arabes de l’Azawad (nord du pays).

A l’époque, les FAMa – forces armées maliennes – dopées par l’appui de contingents de Wagner (remplacés par Africa Corps) s’étaient lancées dans la reconquête militaire du Mali septentrional au mépris des pourparlers politiques préconisés par Alger. Cette séquence d’éviction de l’Algérie de la scène malienne semble se clore, en tout cas partiellement. Car les événements récents réinstallent le grand voisin du Nord dans le statut de médiateur qui avait été historiquement le sien. Ses missions de bons offices accomplies pour sceller des accords autour de diverses insurrections touareg (1991 et 2006 au Mali, 1997 au Niger) avaient conforté son rôle de parrain régional, jugé souvent excessivement intrusif par ses partenaires sahéliens.

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