Ce qui devait être une journée de pêche ordinaire a viré au cauchemar pour l’équipage du Don Maca. Le 26 mars dernier, le bateau équatorien qui se trouvait à environ 320 km au nord-ouest des îles Galápagos. Vers 16 heures, deux explosions ont frappé l’embarcation transportant 20 marins, selon Jhonny Sebastián Palacios, l’un des pêcheurs qui témoigne dans les colonnes du Guardian.
« Il y a eu un fracas soudain – boum ! Ça venait d’un drone », se souvient-il, expliquant que l’explosion a brisé des vitres et blessé plusieurs membres d’équipage. « Je suis monté en courant et j’ai vu le bateau détruit… », ajoute-t-il. Selon son récit, un second impact a touché l’antenne et coupé les communications.
Les pêcheurs, dont l’un affirme avoir subi des lésions auditives et visuelles, racontent avoir été ensuite récupérés par un patrouilleur battant pavillon américain. Ils ont été menottés, cagoulés puis embarqués de force vers un autre bateau avant d’être conduits au Salvador, toujours selon leur récit.
178 personnes tuées dans des frappes américaines
Après plusieurs jours, les hommes auraient été interrogés dans une base militaire salvadorienne, puis remis aux autorités migratoires avant de pouvoir rentrer en Équateur. Aucun n’a été inculpé. Les familles, restées sans nouvelles pendant leur disparition, avaient lancé des recherches dans l’angoisse.
« Dieu merci, nous sommes en vie ! Ce qu’ils nous ont fait est d’une cruauté inouïe, explique Jhonny Sebastián Palacios au Guardian. Ils savaient que nous étions pêcheurs. Même les autorités salvadoriennes nous ont dit que les choses avaient été très mal gérées. »
Cette affaire s’inscrit dans une offensive militaire américaine lancée contre des embarcations soupçonnées de narcotrafic en mer des Caraïbes et dans le Pacifique.
Selon un décompte du Bureau de Washington pour l’Amérique latine (Wola), au moins 178 personnes ont été tuées dans des frappes aériennes militaires américaines dans les Caraïbes et le Pacifique depuis le début de l’offensive en septembre.