À Perpignan, la campagne de France Travail fait grincer des dents. Les demandeurs d’emploi du département ont reçu ces derniers jours un message d’invitation de l’organisme, qui les conviait à une réunion d’information le 18 mai prochain. France Travail a contacté les demandeurs d’emploi de la ville avec le slogan « Quittez Perpi pour la Lozère ! », accompagné d’arguments supposés convaincre les Perpignanais de sauter le pas : « le soleil sans canicule », « des spots baignade tranquilles », « des grands espaces verdoyants », et « des emplois… beaucoup d’emplois ! » : en Lozère, le taux de chômage est effectivement le plus bas de France (4,8 % fin 2025), quand il est de 12,7 % dans les Pyrénées-Orientales.
« Nous avons des talents qu’il faut accompagner ici, pas ailleurs »
La campagne a été particulièrement mal reçue. Bruno Nougayrède, conseiller municipal d’opposition à Perpignan, a dénoncé un slogan « hallucinant » sur Facebook. « Plutôt que de créer des emplois ici, on organise le départ de nos habitants ? Plutôt que de soutenir notre territoire, on encourage à le quitter ? », a-t-il écrit, estimant que « ce message est un très mauvais signal envoyé aux Perpignanaises et Perpignanais. (…) Comme s’il fallait partir pour réussir ». « Nous avons des talents, des compétences, une énergie qu’il faut accompagner ici, pas ailleurs », a-t-il insisté.
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a jugé, en commentaire sous la publication de l’élu de l’opposition, la campagne de communication de France Travail « très malvenue » et a demandé à l’organisme et à Lozère Nouvelle Vie « de rectifier rapidement ». Face à cette bronca, France Travail a rapidement rétropédalé et a supprimé toutes ses affiches en ligne.