Des rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad à Kidal, au Mali, le 26 avril 2026. AFP

Le Kremlin a dit, mardi 28 avril, souhaiter un rapide retour au calme au Mali, où sont déployés des mercenaires russes en soutien à la junte au pouvoir. « Nous jugeons important que le pays retrouve au plus vite une trajectoire pacifique et stable », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Mali : la Russie, alliée défaillante d’une junte menacée par l’offensive djihadiste Lire plus tard

La situation reste confuse et précaire dans le pays sahélien, frappé depuis samedi par une série d’attaques coordonnées lancées par des djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affiliés à Al-Qaida, alliés à la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte à travers le pays, y compris en périphérie de la capitale Bamako.

Ces attaques ont fait perdre le contrôle de la ville de Kidal à la junte, dont le leader Assimi Goïta n’est plus réapparu depuis. Le ministre de la défense malien, Sadio Camara, l’un des principaux responsables de la junte au pouvoir, a été tué à son domicile à Kati.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Mali : la junte fragilisée après des attaques djihadistes d’une ampleur et d’une coordination inédites Lire plus tard

Dmitri Peskov a refusé de répondre à la question de savoir si l’Africa Corps, force paramilitaire russe qui soutient la junte, serait en mesure de maîtriser la situation. L’Africa Corps a dû quitter Kidal quand des rebelles touareg alliés à des groupes djihadistes ont pris cette ville-clé dans le nord du Mali. Leur retrait s’est fait en vertu d’un « accord » avec les djihadistes du GSIM et la rébellion touareg, selon ces derniers.

L’armée abandonne des positions dans la région de Gao

Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Guéorgui Borissenko, a déclaré mardi que les paramilitaires russes ont « subi des pertes » lors de « frappes dans de nombreuses régions du pays », selon ses propos rapportés par les médias d’Etat russes. Les djihadistes et le FLA ont notamment fait usage de drones lors de leurs attaques.

Interrogé sur le sort du chef de la junte, Assimi Goïta, Dmitri Peskov a répondu aux journalistes que c’était « au Mali et non au Kremlin que vous devez chercher ces informations ».

« Les ennemis n’ont pas renoncé à leurs intentions agressives et ils se regroupent. La situation dans la république du Mali reste difficile », a par ailleurs affirmé le ministère de la défense russe mardi sur les réseaux sociaux.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Mali : l’embarras de la France face à la crise Lire plus tard

L’armée malienne a abandonné certaines de ses positions dans la région de Gao, dans le nord du pays, ont fait savoir mardi à l’Agence France-Presse des sources locale. Gao est la deuxième région militaire du Mali après la ville-garnison de Kati, fief de la junte situé près de Bamako et qui a été le théâtre de violents combats, samedi et dimanche. « Les militaires ont abandonné leur position à Labbezanga situé près de la frontière du Niger. Ils se sont repliés vers Ansogo », a déclaré à l’AFP un élu local sous couvert d’anonymat.