Des Afghans inspectent des maisons endommagées par des frappes pakistanaises, à Asadabad, dans la province de Kunar, mardi 28 avril. AIMAL ZAHIR / AFP

Des dizaines de civils ont été tués ou blessés lundi dans des frappes qui ont touché l’est de l’Afghanistan, dont une université, a confirmé l’ONU, mardi 28 avril, le gouvernement afghan blâmant le Pakistan, avec qui le pays est en conflit depuis des mois.

La mission de l’ONU en Afghanistan (Unama), qui a un mandat pour documenter les attaques contre des civils, n’a pas précisé à ce stade le décompte exact entre morts et blessés. « Selon le droit international humanitaire, les civils et les infrastructures civiles dont les établissements d’éducation, doivent être protégées en toutes circonstances », a rappelé l’Unama sur X.

Le gouvernement afghan avait fait état lundi de sept civils tués et 85 blessés par des tirs d’obus et de roquettes des forces pakistanaises dans la province frontalière de Kunar, notamment dans la ville d’Asadabad. Le porte-parole du gouvernement, Hamdullah Fitrat, avait déploré que les attaques aient touché « des maisons civiles et l’université ».

« Les fenêtres se sont brisées »

Le ministère de l’information pakistanais a nié avoir frappé des zones d’habitation ou l’Université d’Asadabad, qualifiant les propos en ce sens de « mensonges éhontés ».

Mardi, le ministère des affaires étrangères afghan a affirmésur X avoir « convoqué » le chargé d’affaires de l’ambassade du Pakistan pour « protester contre les attaques ». Qualifiant ces actes de « provocation », il a appelé son voisin « à la retenue ».

Lundi soir, un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a pu voir une maison endommagée par des tirs d’obus et plusieurs blessés à l’hôpital provincial d’Asadabad. A l’université, plusieurs salles de la faculté avaient des vitres brisées, a constaté un journaliste de l’AFP mardi, tandis que les panneaux solaires du toit ont été tordus par un impact.

Des étudiants ont témoigné des événements, sans donner leur nom de famille pour des raisons de sécurité. « Le professeur était en train de faire son cours, c’était environ 14 h 30, et il y a eu un grand bruit ; nous nous sommes tous allongés par terre », a raconté Irfanullah, 20 ans, étudiant en psychologie à la faculté d’éducation. « Chaque étudiant a essayé de se mettre à l’abri, mais les fenêtres se sont brisées et certains ont été blessés », a-t-il poursuivi.

Kaboul bombardée plusieurs fois

Islamabad accuse l’Afghanistan d’accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan, ce que les autorités talibanes afghanes démentent.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les ambitions des talibans pakistanais, enjeux de la guerre Pakistan-Afghanistan Lire plus tard

Les violences se sont intensifiées à partir du 26 février, le Pakistan bombardant plusieurs fois Kaboul et les zones frontalières. Malgré une trêve de quelques jours fin mars lors de la fin du ramadan, puis des pourparlers en Chine début avril à l’issue desquels les deux pays s’étaient engagés à éviter toute escalade selon Pékin, aucun cessez-le-feu n’a été conclu.

Des centaines de civils ont été tués et blessés depuis le 26 février en Afghanistan et 100 000 personnes déplacées, dont plus de 25 000 dans la province de Kunar, selon l’ONU.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Entre le Pakistan et l’Afghanistan, l’escalade militaire se poursuit après un bombardement qui aurait tué plus de 400 personnes à Kaboul Lire plus tard