Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris sur la réouverture du site Coco, confiée à l’unité cyber de la gendarmerie. Mi-avril, Sarah el Haïry avait déjà alerté sur la résurgence de la plateforme, fermée en 2024 après des accusations liées à des crimes sexuels, notamment dans l’affaire Pelicot.
Une enquête a été ouverte "sur la réouverture du site internet" Coco et confiée à l'unité cyber de la gendarmerie, a indiqué mardi le parquet de Paris, sollicité par l'AFP. La haute-commissaire à l'Enfance Sarah el Haïry avait alerté mi-avril sur la résurgence du site internet, fermé par la justice en 2024 après avoir été accusé d'avoir servi à la commission de crimes sexuels, notamment dans l'affaire Pelicot.
Pour rappel, Coco.gg avait été fermé par la justice en 2024 après de nombreux signalements, mais aussi en raison de son implication présumée dans plus de 23.000 procédures pénales, allant d’agressions sexuelles et de viols à des affaires de trafic de stupéfiants ou encore de guet-apens homophobes.
La plateforme a connu une forte médiatisation en septembre 2024, lorsqu’elle a été mise en cause pour avoir permis à Dominique Pelicot de recruter, pendant près de dix ans, des dizaines d’hommes afin de violer sa femme, Gisèle Pelicot, alors droguée.
La même plateforme?
Cocoland.cc, toujours en ligne, reprend de nombreux éléments de l’ancien Coco.gg, notamment son design, ses mentions légales et son fonctionnement sans inscription, où il suffit de choisir un pseudonyme et un âge non vérifié. Selon un spécialiste en cybersécurité interrogé par Ouest-France, il s’agirait même de la même infrastructure simplement réhébergée sous un nouveau nom de domaine.
Le site, hébergé en Ukraine et financé par la publicité via des services comme Google Adsense et Brevo, semble par ailleurs anticiper d’éventuelles actions judiciaires. Ses propriétaires se défendent de tout lien "juridique, technique ou organisationnel" avec l'ancien site Coco: "Seuls certains éléments visuels ont été repris afin de permettre aux anciens utilisateurs de retrouver des repères familiers. Cela ne reflète en aucun cas une continuité de l'ancien service."
"Une vraie gifle à la promesse de protection qu'on fait"
Jusqu’à cette réapparition, les investigations sur la plateforme Coco étaient "bien avancées", d'après une source proche du dossier à l'AFP. "Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur la réouverture du site internet, confiée à l'unité nationale cyber de la gendarmerie nationale", a dévoilé mardi le ministère public.
Immatriculé à l'étranger, considéré comme un repère de prédateurs par des associations de protection de l'enfance et mis en cause dans des guet-apens homophobes, le site internet Coco a été fermé par la justice en juin 2024.
Son fondateur, l'Italien Isaac Steidl, a été inculpé le 9 janvier 2025 à Paris notamment pour complicité de trafic de stupéfiants, de détention et diffusion d'images pédopornographiques, de corruption de mineur via Internet et association de malfaiteurs. Il conteste les accusations.
"Le retour du site Coco, c'est une vraie gifle à la promesse de protection qu'on fait", avait réagi Sarah el Haïry, sur la radio RMC, le 18 avril.