Une centaine de personnes se sont rassemblées, mardi 28 avril, à l’appel d’une intersyndicale devant le ministère du travail, à Paris, pour dénoncer les morts au travail et réclamer des mesures pour « faire chuter les accidents et maladies professionnelles », ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).
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« Il y a une hécatombe au travail en France », a rappelé auprès de l’AFP Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT qui avait appelé au rassemblement avec la FSU et Solidaires à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail.
« On sait ce qu’il faut faire pour faire chuter les accidents du travail et maladies professionnelles. On en a marre de se faire promener par des promesses », a-t-il ajouté, plaidant pour la mise en place de plusieurs mesures. Parmi elles, « une augmentation du nombre d’agents de contrôle du ministère du travail, de l’inspection du travail et de l’Urssaf », « une limitation du nombre de sous-traitants » et « le rétablissement des comités hygiène-sécurité (CHSCT) qui ont été supprimés par Emmanuel Macron en 2017 ».
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Le plan santé au travail 2026-2030 devrait être présenté fin mai
En 2024, 764 salariés relevant du régime général sont morts d’un accident du travail – un chiffre qui n’inclut pas, notamment, les fonctionnaires ou les exploitants et salariés agricoles –, dont 22 personnes de moins de 25 ans, selon le ministère du travail.
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Après la mort d’un lycéen dans le Gard le 17 avril lors d’un stage d’observation de seconde dans une entreprise de BTP, Alex Benoist, de la FSU, a appelé à arrêter les stages de troisième et de seconde. « On veut dénoncer l’approche du ministre du travail qui renvoie à une culture du risque qui [serait] insuffisante chez les jeunes, comme si la responsabilité imcombait aux jeunes », a-t-il dit. « Non, la responsabilité imcombe au gouvernement et aux employeurs ».
Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré mardi à l’AFP que le plan santé au travail 2026-2030 serait présenté fin mai, en mettant l’accent sur la prévention. « Les stagiaires, en amont de leur période d’observation en entreprise, seront informés et sensibilisés à la santé et la sécurité », a-t-il promis. « Un guide relatif à la prévention des risques professionnels leur sera remis au moment de la signature de leur convention de stage. »
Lors du rassemblement, Murielle Guilbert, co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires, a aussi déploré une « multiplication » des suicides à cause de « la souffrance au travail » et regretté que les inspecteurs du travail n’aient « plus les moyens d’agir ».
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