Il aura fallu plus de 20 ans pour que la « femme à la couronne dentaire Richmond » soit identifiée. Hakima Boukerouis, une femme, dont le cadavre avait été découvert dans un bidon en 2005 en Moselle, a été identifiée dans le cadre d’une vaste campagne supervisée par Interpol, annonce l’organisation internationale de coopération policière, dans un communiqué consulté ce mardi par l’AFP.
Son dossier fait partie de 47 cas retenus à partir de 2023 pour la campagne Identify Me, coordonnée par Interpol en collaboration avec plusieurs pays européens, et qui vise à rendre leur nom à des femmes assassinées ou mortes dans des circonstances suspectes au cours des dernières décennies.
Après « la femme à la fleur tatouée » ou « la femme dans le poulailler », Hakima Boukerouis est la cinquième personne à retrouver son identité depuis le lancement de cette opération qui repose sur l’aide du public et des campagnes médiatiques.
Le corps portait des lésions d’armes blanches
Selon l’organisation, Hakima Boukerouis, âgée d’une trentaine d’années, est morte entre septembre et octobre 2004. Sa disparition n’avait jamais été enregistrée.
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Le 7 janvier 2005, son corps avait été découvert sur le bord d’une route forestière de Saint-Quirin, près de Sarrebourg. Il portait des lésions d’armes blanches, avait indiqué le parquet à l’époque.
Le cadavre était dissimulé dans un tonneau en plastique de récupération d’eau de pluie, emballé dans des sacs-poubelles noirs ficelés à l’aide de cordelettes, précise Interpol dans la « notice noire » dédiée à ce dossier et mise en ligne sur son site Internet.
« Le même tonneau avait été vu mi-octobre 2004 flottant dans la rivière Sarre rouge », peut-on également lire sur cette fiche, qui décrit la victime comme de petite taille (1m60), vêtue d’un débardeur rose et ayant reçu des soins dentaires « coûteux à l’époque », notamment une couronne Richmond.
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Son ancien mari interpellé
Pendant quatre ans, les enquêteurs vont tenter de retrouver l’identité de la victime, sans succès. Le dossier sera alors clos, jusqu’à la campagne Identify Me. Interpol, dont le siège se trouve à Lyon, précise qu’Hakima Boukerouis a pu être identifiée grâce à de l’ADN familial.
Après avoir identifié la victime, une interpellation a eu lieu. C’est la première fois que la campagne débouche sur l’interpellation d’un suspect, souligne Interpol, qui ne donne aucun détail.
Selon le quotidien Le Républicain Lorrain, le suspect interpellé en juin 2025 est le mari de Hakima Boukerouis, soupçonné d’avoir commandité son meurtre. Mis en examen et écroué, il a été libéré sous contrôle judiciaire en septembre 2025 en raison de son âge et de son état de santé.
Contacté par l’AFP, le procureur de Metz n’a pas souhaité confirmer ou infirmer ces éléments.
« Important de continuer à enquêter sur les cold cases »
L’identification d’Hakima Boukerouis « souligne à quel point il est important de continuer à enquêter sur les cold cases », commente le secrétaire général d’interpol Valdecy Urquiza, cité dans le communiqué.