Une manifestation devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens en soutien au reporter franco-tunisien Mourad Zeghidi, à Tunis, le 24 avril 2026. FETHI BELAID/AFP
Une fois de plus, la patience de Mourad Zeghidi est mise à rude épreuve. Privé de liberté depuis plus de 700 jours, le journaliste, de double nationalité tunisienne et française, nourrissait l’espoir de bénéficier d’une libération conditionnelle. Cette demande a été rejetée mardi 28 avril par la cour d’appel de Tunis, qui s’était déjà opposée à cette requête le 14 avril, et a fixé la date d’une nouvelle audience au 12 mai. En première instance, fin janvier, Mourad Zeghidi avait été condamné à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ».
« Mourad Zeghidi est le symbole du plongeon depuis cinq ans de la liberté de la presse en Tunisie, a réagi Antoine Bernard, directeur de plaidoyer de Reporters sans frontières (RSF). Classé 72e au classement mondial de RSF en 2020, le pays a été rétrogradé à la 129e place, sur 180 Etats, en 2025. »
L’instruction ouverte pour des malversations financières prend le relais d’un premier dossier judiciaire qui avait valu l’arrestation, le 11 mai 2024, du journaliste, du chroniqueur Borhen Bsaïes et de l’avocate Sonia Dahmani. Tous trois participaient régulièrement à « L’Emission impossible », la matinale de la radio IFM, un programme politique dont la liberté de ton déplaisait au régime de Kaïs Saïed, qui a obtenu sa suppression.
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