La chaîne de télévision américaine CNN avait révélé l'existence de nombreuses plateformes en ligne promouvant la soumission chimique. Les associations La Fondation des femmes ainsi que M'endors pas ont demandé ce mardi 28 avril à la justice française de se saisir de la question.

La Fondation des femmes et l'association M'endors pas demandent à la justice française d'ouvrir une enquête préliminaire, suite à la révélation de l'existence de plateformes en ligne où des hommes s'échangent des conseils pour droguer et violer leur conjointe.

Ces plateformes étant "accessibles depuis la France, et au regard d'affaires récentes comme celle de Gisèle Pelicot, il est hautement probable que des utilisateurs français y participent et que des victimes en France soient concernées", estiment ce mardi 28 avril les deux associations féministes dans un communiqué commun.

Une "académie mondiale du viol"

En mars, la chaîne de télévision américaine CNN avait révélé l'existence de ces plateformes et l'ampleur de leur fréquentation. Selon son enquête dénonçant une "académie mondiale du viol", des hommes échangent sur ces sites des conseils pour droguer leur conjointe, les violer alors qu'elles sont inconscientes, filmer ces violences et en partager les images.

"Ces pratiques peuvent être caractérisées 'd'infractions majeures': viols aggravés, soumission chimique, diffusion d’images sexuelles sans consentement", soulignent la Fondation des femmes et M'endors pas, une association cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, qui avait été droguée et livrée par son époux à des dizaines d'inconnus pendant près de dix ans.

"Nous ne sommes pas face à des dérives isolées, mais à des crimes organisés, au sein de véritables communautés qui encouragent et structurent la violence", dénoncent-elles. "La France ne peut plus tolérer que ces espaces existent sans réaction à la hauteur".

Comment bien réagir face à une suspicion de soumission chimique 25:10

Outre la saisine du parquet de Paris et l'ouverture d'une enquête préliminaire, les deux associations demandent la mobilisation de la plateforme gouvernementale Pharos, la saisine du gendarme de l'audiovisuel Arcom et des mesures de blocage et de déréférencement.

Dans son enquête, CNN évoquait notamment le cas du site pornographique "Motherless", qui héberge plus de 20.000 vidéos dans la catégorie "sleep", dédiée aux femmes endormies ou droguées à leur insu. Elles cumulent des centaines de milliers de vues et le site a enregistré au total 62 millions de visites sur le seul mois de février, selon la chaîne américaine.