Journée chaotique à la prison de Rennes-Vezin. Ce lundi 27 avril, deux incidents successifs se sont déroulés derrière les murs du centre pénitentiaire. Vers 15h30, la famille d’un détenu alerte la direction quant au comportement agité de leur proche, sujet à l’automutilation. La directrice accompagnée de plusieurs gardiens tente alors d’aller voir l’individu, qui se montre très agressif.

À 16h45, ce dernier est escorté vers le service médico-psychologique régional (SMPR) de l’établissement. Au moment de rentrer dans l’unité, l’homme - calme depuis la sortie de sa cellule - se retourne et assène un violent coup de poing à l’une des surveillantes. « La collègue s’effondre au sol, inconsciente, le crâne ouvert, le visage en sang. Elle ne doit son salut qu’à l’intervention immédiate des personnels présents », détaille le syndicat FO Justice Rennes-Vezin dans un communiqué. Les autres gardiens réussissent finalement à maîtriser le détenu et à l’envoyer au quartier disciplinaire.

À peine une demi-heure plus tard, un autre prisonnier, de retour de permission, tente, lui, de faire rentrer 250 grammes de stupéfiants cachés dans ses vêtements. Au cours de sa fouille, il tente de s’enfuir, totalement nu, avant d’être rattrapé par les surveillants dans le couloir.

Incidents en cascade

Selon FO Justice, les deux détenus étaient connus pour être problématiques mais n’avaient pas de profil psychiatrique alarmant. Ces incidents s’ajoutent à une longue liste d’épisodes brutaux ces derniers mois dans la prison. Florian Adam, secrétaire local du syndicat énumère les cas de collègues arrêtés à cause de blessures lors d’altercations. Pour expliquer cela, il évoque « un monde de plus en plus violent qui se répercute à l’intérieur de l’établissement ». La surveillante frappée ce lundi est, elle, « ressortit de l’hôpital vers une heure du matin », selon Florian Adam. « Elle a fait un scanner qui n’a pas montré de lésion mais elle a beaucoup de douleurs aux bras, à la mâchoire, aux cervicales. Et surtout un gros traumatisme psychologique. Je ne pense pas qu’elle va revenir de sitôt », déplore-t-il.

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D’après lui, des risques inutiles ont été pris lors du transfert du détenu. « Il y a eu plusieurs erreurs. L’homme aurait dû être placé au quartier disciplinaire dès le départ. C’était trop risqué de le laisser ressortir vu l’état dans lequel il se trouvait », glisse-t-il.

« Il ne faut pas toucher un bleu »

Lundi, au moment des incidents, le personnel de la prison était mobilisé à l’appel du syndicat Ufap-Unsa pour protester contre la surpopulation carcérale et le manque de personnel. FO Justice organise un nouveau blocus ce mercredi. « Il ne faut pas toucher un bleu. On ne laissera jamais faire ce genre de choses », fustige Florian Adam. Le syndicaliste pointe des « décisions catastrophiques de la part de certains membres de la direction » et clame une volonté de faire évoluer les conditions de travail au sein du centre pénitentiaire.