Un siècle de bonheur accroché au cœur. Ce match de pure folie, ce sommet d’art et de culture, ce musée des merveilles du monde, cette légende pour les livres d’histoire, tout ça, il faudra le transmettre, le raconter, le raconter encore, et qu’elle vienne peupler les nuits qui deviendront plus belles que nos jours. PSG-Bayern se pose d’ores et déjà comme l’une des plus belles demi-finales de la vie moderne du football, avec neuf buts, deux montants, des rebondissements permanents, une électricité contagieuse, des acteurs aux spectateurs.

Il a même basculé dans l’irrationalité en seconde période avec deux buts parisiens en deux minutes, dans un tonnerre que le Bayern calmera quelques instants plus tard avec deux buts en trois minutes. Mais il n’avait pas encaissé 5 buts en C1 depuis trente-et-un ans, ce qui situe la performance offensive du champion d’Europe en titre.

PSG-Bayern a ainsi enfanté un match de légende, laissant KO d’ivresse les amoureux du jeu. Chaque temps fort a débouché sur une action de but mais le match était un temps fort en lui-même. L’intensité, le combat, la furie des échanges entre les deux équipes a délivré un chef-d’œuvre du jeu, à passer en boucle dans toutes les écoles de foot et à donner comme remède à la mélancolie des déçus du foot ou des non-connaisseurs. Ils ne pourront qu’aimer après, ils ne pourront que s’infuser du PSG et du Bayern dans les veines a très à hautes doses.

Attention, cette posologie ne fonctionne pas avec toutes les équipes. C’est parce que c’est rare que c’était beau. C’est parce qu’ils ont déployé une fresque orgiaque dédiée à la technique, aux renversements, aux changements de rythme et au jeu de passes dans tous les sens que la merveille a surgi du cratère dans lequel le Parc des Princes s’est plongé.

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Dans un vacarme surpuissant, les supporters parisiens ont accompagné par le cœur chaque remontée de balle de Vitinha et consorts. Il faut dire que la rencontre a commencé par une démonstration collective du Bayern Munich, porté par un Michael Olise aux allures de Ballon d’Or. Un Michael Olise, quoi. Nuno Mendes, qui a éteint des clients comme Mohamed Salah ou Lamine Yamal, a sombré face au génie de l’ailier français, également buteur sur le 2-2, dans une position axiale pour une fois.

Tout reste possible au match retour

Tel un fauve qui gronde, la révolte est venue de Khvicha Kvaratskhelia. Appelez-le Che Gue-Kvara, le chef de l’insurrection ! Le Géorgien mute à l’approche de la Ligue des champions, devenant une bête d’un nouveau monde qui dévore ses adversaires. Homme du 1-1, il sera aussi celui du 4-2 quand Paris a cru assommer les Allemands dans une reprise endiablée. On a vu des gens se lever pour souffler, d’autres se prendre la tête à deux mains pour se demander ce qu’il se passait. Tout le monde est sûr d’avoir assisté à un moment indépassable.

LA bonne nouvelle, c’est que ces deux formations de génie reviennent en deuxième semaine, dès le mercredi 6 mai pour un retour encore plus dingue puisqu’il délivrera un qualifié pour la finale de la Ligue des champions. On sait que ce n’est pas possible mais les deux équipes mériteraient d’y aller et l’Atlético de Madrid et Arsenal qui s’affrontent ce mercredi auraient le bon goût de les laisser aller à Budapest pour services rendus au football.