Il est la cible désignée de la vindicte de Donald Trump. L’ex-directeur du FBI James Comey est visé par deux chefs d’accusation, dont un de « menace contre la vie et l’intégrité physique du président des États-Unis », délivrés par un jury de Caroline du Nord, a indiqué le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.
Plutôt ce mardi, James Comey a été inculpé pour une photo sur les réseaux sociaux il y a un an, interprétée comme une « menace » envers le président. Cette annonce intervient trois jours après des coups de feu au gala de la presse à Washington, dont le principal suspect a été inculpé lundi, notamment de tentative d’assassinat du président américain.
Donald Trump a limogé début avril sa ministre de la Justice Pam Bondi, à la suite notamment d’une série de piteux échecs de son ministère à poursuivre pénalement des cibles expressément désignées par lui. Il a nommé pour assurer l’intérim à ce poste stratégique le numéro deux du ministère Todd Blanche, qui est également un de ses anciens avocats personnels.
Une juge fédérale avait annulé en novembre deux inculpations téléguidées par le président américain contre James Comey et contre la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, en raison de la nomination illégale selon elle de la procureure qui avait engagé ces poursuites. James Comey était accusé d’avoir menti sous serment en niant, en réponse à une question d’un sénateur, avoir autorisé son adjoint à être cité sous couvert d’anonymat dans les médias sur des enquêtes sensibles conduites par le FBI.
Cette fois, il est poursuivi en lien avec un incident lié à la publication d’une photo sur Instagram en mai 2025, dans laquelle les autorités américaines, y compris Donald Trump, avaient affirmé voir une menace visant le président républicain.
Opposé à « toute forme de violence »
Dans sa publication, ensuite retirée, James Comey avait partagé une photo montrant des coquillages former le message « 86 47 » dans le sable, le premier nombre étant parfois utilisé pour signifier le souhait de faire déguerpir, voire de tuer, quelqu’un, le second pouvant se référer à Donald Trump, 47e président des États-Unis.
James Comey — brutalement limogé par Donald Trump en 2017 pendant qu’il enquêtait sur des soupçons d’ingérences étrangères — s’était ensuite expliqué dans un message sur Instagram.
« J’ai publié plus tôt une photo de coquillages que j’ai vus ce matin lors d’une balade sur la plage, et j’ai estimé que c’était un message politique. Je ne m’étais pas rendu compte que certaines personnes associaient ces chiffres avec de la violence. Je n’ai jamais eu cela à l’esprit, mais je m’oppose à toute forme de violence, et j’ai donc retiré la publication », avait-il écrit.
VidéoÉtats-Unis : la justice annule les inculpations de James Comey et Letitia James, ennemis de Trump
Les autorités fédérales américaines avaient alors annoncé une enquête du Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités, sur cette « menace » formulée selon elles contre Donald Trump.