L’impasse. Les efforts visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient semblent au point mort. Ce mardi, les États-Unis ont semblé sceptiques sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d’Ormuz, toujours quasiment paralysé. La réouverture du détroit, un passage maritime stratégique pour le commerce de pétrole et de gaz, est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février.
Alors qu’un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, le détroit reste verrouillé par Téhéran, Washington mène toujours un blocus des ports iraniens et les négociations piétinent. « Nous ne considérons pas la guerre comme terminée », a lancé à la télévision d’État le porte-parole de l’armée iranienne, Amir Akraminia.
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Une nouvelle proposition iranienne pour sortir de l’impasse a été discutée à Washington par Donald Trump et ses principaux conseillers sécuritaires. Des responsables américains n’ont pas démenti des informations de CNN et du Wall Street Journal selon lesquelles le président américain a laissé entendre lors de cette réunion lundi qu’il était peu probable qu’il accepte l’offre.
L’Iran appelle les États-Unis à plus de raison
Téhéran a appelé Washington à renoncer à ses « exigences illégales et irrationnelles », estimant que les États-Unis n’étaient « plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes ». Selon un article du site américain Axios, relayé par l’agence officielle iranienne Irna, la proposition iranienne vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.
Le Parlement iranien prépare une loi prévoyant de placer le détroit sous l’autorité des forces armées, d’interdire le passage de navires israéliens et de faire payer des droits de passage en rials iraniens. « Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d’instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l’utiliser », a répliqué le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lundi sur Fox News.
Pour le centre d’analyse américain Soufan, « les dirigeants iraniens pensent que la hausse des prix du pétrole et les pénuries imminentes et mondiales de produits dérivés (…) mettent le président Trump sous une forte pression au point de le pousser à accepter un règlement du conflit loin de sa demande d’une capitulation inconditionnelle ».
Trump s’en prend au chancelier allemand
Côté américain, « Trump et son équipe semblent miser, de façon erronée d’après de nombreux experts, sur le fait qu’un renforcement du blocus américain sur les ports iraniens va pousser les dirigeants du régime à accepter les exigences principales des États-Unis », poursuit cette source.
Donald Trump s’en est pris violemment au chancelier allemand, Friedrich Merz, l’accusant sur son réseau Truth Social mardi de « ne pas savoir de quoi il parlait » sur l’Iran. Le dirigeant allemand avait asséné lundi que « les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie » en Iran et jugé que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
L’armée américaine a annoncé mardi avoir arraisonné puis libéré un navire marchand en mer d’Arabie, soupçonné d’avoir tenté de violer le blocus américain. Depuis que ce blocus a été imposé le 13 avril, 39 navires ont été redirigés afin d’en garantir le respect, a-t-elle précisé. La paralysie du détroit sans perspective de déblocage a de lourdes répercussions sur l’économie mondiale et le baril de Brent a fini à 111,26 dollars mardi.