Le premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, à la tribune du Parlement, à Pristina, le 28 avril 2026. VALDRIN XHEMAJ / REUTERS
La crise politique qui secoue le Kosovo depuis les élections parlementaires de février 2025 a connu, lundi 28 avril, un nouveau rebondissement : le Parlement a échoué en soirée à élire un nouveau président du pays dans les délais prévus, ouvrant la voie à de nouvelles législatives, les troisièmes en un peu plus d’un an.
« Cette session a marqué la fin de la législature actuelle. Les élections seront convoquées dans les délais prévus par la Constitution », à savoir au plus tard dans quarante-cinq jours, a déclaré, à minuit, la présidente du Parlement, Albulena Haxhiu.
Le vote n’a pas pu avoir lieu faute d’un quorum des deux tiers des députés, à cause du boycott de l’opposition. Théoriquement, il y avait une majorité pour élire un nouveau président ou présidente.
Après sa victoire aux législatives anticipées de décembre, le premier ministre, Albin Kurti, a formé un nouveau gouvernement en février, mais il n’a pas réussi à forger un compromis avec l’opposition pour faire élire un chef de l’Etat destiné à succéder à Vjosa Osmani, dont le mandat a expiré début avril.
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« Le blocage du Kosovo ne mène nulle part »
Le président du Kosovo, petit pays de 1,6 million d’habitants, est élu par le Parlement pour un mandat de cinq ans. Depuis l’expiration du mandat de Mme Osmani, l’intérim est assuré par la présidente du Parlement. Le poste de président du Kosovo est largement honorifique, mais le chef de l’Etat est le commandant suprême des forces armées et il représente le pays sur la scène internationale.
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Chef de Vetëvendosje (Autodétermination), formation tenante d’une politique sociale marquée à gauche et d’orientation nationaliste, M. Kurti, 51 ans, est au pouvoir depuis mars 2021.
Dans l’après-midi, il s’est adressé deux fois en conférence de presse pour appeler l’opposition à « mettre fin au blocage » et à « se présenter à l’Assemblée ». « Les blocages n’aident ni institutions ni l’Etat. Le blocage du Kosovo ne mène nulle part », a-t-il déploré.
La présidente du Parlement devrait, dès mercredi matin, dissoudre le Parlement et entamer des consultations pour déterminer une date pour les nouvelles législatives.
Des minorités représentées dans la majorité
Après un premier échec début mars, Mme Osmani avait dissous le Parlement et annoncé la tenue de nouvelles législatives. Son décret avait toutefois été annulé par la Cour constitutionnelle, qui a accordé aux députés un nouveau délai qui a expiré mardi à minuit.
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Arrivée en tête aux législatives de février 2025, avec 48 sièges sur 120, Vetëvendosje n’avait pas alors réussi à bâtir une majorité et former le gouvernement. La formation a amélioré son score (57 sièges) lors d’un nouveau scrutin organisé en décembre, et formé une majorité avec des représentants des minorités.
Le Kosovo, dont la majorité de la population est d’origine albanaise, est une ancienne province serbe qui a proclamé en 2008 son indépendance, reconnue par les Etats-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne, mais jamais par Belgrade.
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