Belén Garijo, ancienne PDG du groupe pharmaceutique Merck, et nouvelle patronne de Sanofi, à Davos (Suisse), le 25 mai 2026. HOLLIE ADAMS/BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES

Les adieux auront été brefs. Tombé en disgrâce, Paul Hudson aura à peine eu le temps de faire ses cartons avant de quitter les locaux de l’avenue de la Grande-Armée, à Paris, siège mondial du groupe Sanofi, où il officiait depuis 2019. Limogé au soir du 11 février, l’ancien directeur général a été pressé de débarrasser les lieux moins d’une semaine plus tard. Une séparation plutôt abrupte, mais le Britannique n’est pas le premier à faire les frais du mécontentement du conseil d’administration. A Sanofi, les fins de règne ont tendance à être nettement moins amicales que les intronisations.

Paul Hudson rejoint ainsi la liste des anciens patrons déchus du groupe pharmaceutique, de Gérard Le Fur, poussé vers la sortie après un an et demi de mandat en 2008, à Olivier Brandicourt, prédécesseur de Paul Hudson, invité à prendre une retraite anticipée, en passant par la tonitruante exfiltration, en 2014, du Germano-Canadien Christopher Viehbacher. Sanofi serait-il ingouvernable ?

Aux commandes du paquebot tricolore, Paul Hudson n’a pas failli sur l’exécution commerciale. Artisan du succès du Dupixent, un anticorps monoclonal prescrit dans le traitement de certaines maladies inflammatoires chroniques, il en a fait l’un des médicaments les plus vendus au monde. Devenu le produit vedette du groupe (36 % des ventes en 2025), le chiffre d’affaires annuel du médicament a grimpé en flèche, passant, sous sa direction, de 2 milliards d’euros à 15,7 milliards d’euros. A son actif figurent également les lancements réussis de Beyfortus, une injection préventive contre la bronchiolite, et d’Altuviiio, destiné à traiter l’hémophilie.

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