Danionella cerebrum, poisson miniature et transparent originaire de Birmanie. Ici : un poisson adulte (1 cm) et une larve d’une semaine. MONICA CORAGGIOSO, MATTEO DOMMANGET-KOTT, OLGA VASILJEVIC, LABORATOIRE JEAN PERRIN (CNRS/SORBONNE UNIVERSITÉ)

Petit poisson deviendra grand. Certes. Mais nagera-t-il de la même manière adulte que jeune ? La réponse à cette question, que Jean de La Fontaine ne s’était pas posée, comme beaucoup d’autres, ouvre d’étonnantes perspectives, comme décrit dans Science Advances du 22 avril dans un article d’une équipe du laboratoire Jean-Perrin (CNRS, Sorbonne Université) et de l’université de Washington. Le héros de leur fable est Danionella cerebrum, un minuscule poisson des rivières de montagne birmanes qui a été adopté depuis une quinzaine d’années par les laboratoires grâce à une propriété remarquable.

Mesurant moins de deux centimètres, il est en effet transparent de la queue à la tête, si bien que son activité cérébrale est perceptible en imagerie in vivo. Contrairement au poisson-zèbre, vedette de la recherche, il conserve cette transparence pendant plusieurs semaines, ce qui permet d’étudier son activité sur des temps plus longs.

Premier constat, la technique de nage trahit l’âge. Durant les trois premières semaines, le petit poisson avance en faisant osciller sa queue régulièrement. Une fois adulte, il change de technique. Il adopte l’intermittence, 200 millisecondes de battement de la queue, pour 300 millisecondes sur sa lancée, sans mouvement.

Il vous reste 77.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.