Vingt ans après le premier film "Le Diable s'habille en Prada", le réalisateur David Frankel en dévoile la suite, qui imite sans jamais égaler.
Rares sont les suites à égaler le film original, surtout si celui-ci est aussi icônique que Le Diable s'habille en Prada. Ce mercredi 29 avril sort dans les salles obscures le très attendu Diable s'habille en Prada 2, dans lequel Anne Hathaway, Meryl Streep, Emily Blunt et Stanley Tucci retrouvent les rôles qui avaient tant marqué les spectateurs en 2006, à la sortie du premier film réalisé par David Frankel.
Ce dernier fait son retour aux manettes de cette nouvelle adaptation des romans de Lauren Weisberger, ce second volet étant basé sur le livre Vengeance en Prada: Le Retour du diable.
Vingt ans plus tard, l'ambiance est la même - le film débute d'ailleurs sur la même scène de brossage de dents. Nous voici de nouveau campés sur des talons aiguilles dans les rues de New-York, à suivre le rythme effréné d'Andy Sachs (Anne Hathaway), devenue depuis ses premiers pas chez Runway une journaliste primée.
De retour à la rédaction du magazine fictif géré par l'impitoyable et sarcastique Miranda Priestly (Meryl Streep) qu'elle doit sauver de la crise, elle retrouve Emily Charlton, passée d'assistante impitoyable à responsable commerciale chez Dior et Nigel, le toujours impeccable directeur artistique et conseil en tout genre de Runway.
On prend les mêmes et on recommence, donc. À ce détail près que cette fois-ci, ces personnages doivent faire face au déclin de la presse, rongée par les coupures budgétaires et les appétits de riches financiers. Miranda tente de faire face et de maintenir Runway à flot.
Intransigeante, piquante et délicieusement cruelle dans le premier volet du Diable s'habille en Prada, Miranda n'est plus qu'une pâle copie d'elle-même, tremblante quant à son avenir professionnel et souffrant de quelques pertes de mémoire. Même Meryl Streep semble ne pas y croire.
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Si le premier film brillait par son esprit caustique et ses répliques cultes, tout paraît plus fade dans cette suite: les seconds rôles (même Simone Ashley, qui crevait le petit écran dans la saison 2 des Chroniques de Bridgerton, et qui a remplacé Emily comme première assistante de Miranda), les velléités d'Andy Sachs pour satisfaire sa boss tyrannique malgré son antipathie, ainsi que son histoire d'amour peu convaincante.
Andy Sachs n'a finalement que peu changé, bien que plus assurée face à une Miranda qui doute et accroche désormais elle-même son manteau: elle retrouve ses amis dans le même bar, autour de la même table, mange la même soupe à la cafétéria au déjeuner et cherche un réconfort nécessaire auprès de la même oreille attentive, celle de Nigel.
La suite réalisée par David Frankel est surtout une formidable vitrine commerciale pour les marques, les acteurs et les producteurs, entre une succession de placements de produits à l'écran et une gigantesque campagne promotionnelle en dehors, les acteurs ayant enchaîné les avant-premières, transformées en de véritables défilés de mode ou les Unes des magazines du monde.
Le Diable s'habille en Prada 2 peut tout de même compter sur une bande son impeccable (Dua Lipa, Madonna, Doechii, Olivia Dean ou SZA), ses personnages vêtus d'une garde-robe éblouissante, ainsi que sur quelques invités surprise venus eux aussi profiter de la publicité et dont les apparitions sont plus ou moins utiles à l'histoire: Donatella Versace, Lady Gaga ou Jon Batiste.
Et si on a toujours plaisir à retrouver des personnages qu'on a tant aimés, pour le reste et au regard du film original, Le Diable s'habille en Prada 2 n'a que peu d'éclat.