Il y a pile vingt ans, le monde entier se bidonnait devant les facéties de Meryl Streep et Anne Hathaway, héroïnes du « Diable s’habille en Prada ». Une comédie devenue culte qui raconte comment une jeune provinciale arrivée à New York décroche le job dont elle rêve, assistante d’une rédactrice en chef et papesse de la mode. Sauf que cette dernière, Miranda, va s’avérer être plus tyrannique encore que sa réputation.
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On se réjouissait donc de retrouver Streep, Hathaway, et quelques anciens du premier volet - Emily Blunt, Stanley Tucci... - dans la suite, « Le Diable s’habille en Prada 2 » en salles ce mercredi... Mais on a très vite déchanté : au fil des 1 h 59 du film, que de déceptions, pour au final songer que cette nouvelle mouture fait figure de bien mauvaise idée.
Mais autant commencer par le seul élément positif de ce ratage : les comédiens, qui font ce qu’ils peuvent. En particulier Stanley Tucci, qui campe le directeur artistique du magazine de mode de Miranda, dont il est le plus proche collaborateur, et qui livre un sans-faute dans une prestation enlevée et touchante. Meryl Streep tient son rang, bien qu’un petit ton en-dessous de sa composition originale, dans sa nouvelle interprétation parodique de la vraie papesse de la mode, Anna Wintour, tandis que Anne Hathaway et Emily Blunt, si elles ne font pas d’étincelles, s’en sortent bien en ex-collaboratrices devenues ennemies.
Un scénario totalement creux
Non, le problème est ailleurs, à commencer par un scénario totalement creux et peu créatif qui ressemble à une pâle copie de l’original. Hormis deux ou trois répliques de Meryl Streep, la plupart des dialogues supposés être drôles, tout comme les situations comiques, tombent à plat. Et que dire de cette intrigue terriblement lisse et convenue, à l’image de cette fin Bisounours où tout le monde s’en sort bien à grands renforts de sourires niais. Et de cette pitoyable tentative scénaristique de prendre la défense des journaux « à l’ancienne » contre les affres des nouveaux patrons de presse, démarche qui, au final, n’aboutit pas.
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Tout ceci n’est pas compensé par le niveau de la mise en scène, d’une flemmardise ahurissante. En témoigne, par exemple, une bien vilaine séquence de concert de Lady Gaga, qu’on n’a jamais vu aussi mal filmée : c’est tout de même dommage d’avoir la chance de pouvoir profiter de la présence d’une telle star et de la gâcher ainsi...
Rien ne semble avoir changé en vingt ans
Mais il y a pire : on croit, en tout début de récit, que celui-ci va moderniser le concept en jouant avec les smartphones et la toute-puissance des réseaux sociaux, désormais rouages essentiels de la mode. Sauf que l’idée est vite abandonnée - comme tout ce qui pourrait faire glisser l’intrique dans notre époque - par le réalisateur David Frankel (qui n’a rien signé de remarquable depuis le premier opus). Et c’est bien tout le problème du film : à le voir, il semblerait que rien n’a changé depuis vingt ans, et que cette suite a été tournée peu après l’original.
Pourtant, si, tout a changé, que ce soit dans la mode - dont les styles, les codes, les façons de vendre et de communiquer ne sont plus les mêmes - ou ailleurs. New York ne fait, par exemple, plus rêver personne et surtout pas l’univers du luxe et des jet-setteurs, tout se passe désormais à Los Angeles... Mais le film s’échine à vouloir nous faire croire le contraire, à coups répétés et assommants de plans de coupe filmés au drone de Central Park ou des skylines nocturnes de Broadway... comme dans les pires navets. Faire au moins un petit peu mieux, ça n’aurait pas été du luxe...
La note de la rédaction : 2/5